Alice : De l’autre côté du miroir (2016)

Enfin, j’ai pu voir la suite du Alice de Tim Burton que je voulais tant aller voir au cinéma. Cette fois ci réalisé par James Bobbin (inconnu au bataillon), cette suite a fait un bide énormissime par rapport au succès du premier et n’a pas été épargnée par les critiques. Le premier m’ayant moyennement emballé, je vais pouvoir vous dire ce que je pense de ce nouvel opus.

Déjà, l’histoire me semble complètement débile. Après une ouverture de film complètement « what the fuck » et défiant toutes les lois de la marine, Alice retourne dans le Wonderful Land afin d’aider le Chapelier Fou qui se meurt peu à peu. Tout ça, car il s’est persuadé que sa famille n’est pas morte des mains du Jaberwoocky (l’orthographe de ce nom m’est toute personnelle). Donc, le gars se laisse mourir. Sauf si Alice accepte de l’aider à retrouver sa famille… Voilà! C’est le postulat de départ. Vous voulez encore plus con? Les super potes du Chapelier qui sont eux aussi apparemment très malins décident d’utiliser un artefact terriblement dangereux permettant de voyager dans le temps afin d’aller sauver dans le passé la famille du chapelier… Pour que le chapelier vive…alors qu’ils insistent bien que c’est très dangereux et que la moindre modification du pourrait détruire le Wonderful Land…Vous le voyez le scénario de crétins???

Tout ça pour un débile qui veut pas faire le deuil de sa famille! Pour un pauvre soupçon de possibilité qu’ils ne soient pas morts! Mais qu’il crêve ce con de Chapelier! Qu’il crève vite et bien! Plutôt que de mettre en danger son monde pour un caprice d’abruti! Puis pourquoi il faudrait que ce soit Alice qui revienne dans son monde et se farcisse la mission suicide pour le sauver? Il peut pas se bouger le cul lui! Ou ses super potes qui veulent pas le voir mourir? Non envoyons l’autre dinde sous prétexte qu’elle est courageuse et nous a sauvé y’a 3-4 ans en arrière…

Puis la fulgurance de ses amis quoi…et la potiche d’Alice qui accepte sans sourciller car semblerait que sauver la vie du Chapelier soit vraiment essentiel…

Cela va sans dire, que tout ne va pas se passer comme prévu lors des voyages dans le temps, évidemment. faut bien développer un peu d’histoire et de tensions. Puis relever un peu les enjeux surtout car on s’en cogne du Chapelier mais royalement! Puis bordel, qu’est ce qu’il est insupportable! Que Johnny Depp joue mal! Si vous trouviez qu’il cabotinait trop dans le premier film alors je vous déconseille celui-ci. Quelle horreur…

Fort heureusement, son non-talent est compensé par le talent d’Helena Bonham Carter qui excelle dans le rôle de la Reine Rouge. Elle, elle cabotine juste comme il le faut. Notons aussi le génie comique de Sacha Baron Cohen qui sauve certaines scènes et nous fait respirer dans ce marasme d’acteurs soit éteints soit dans un surjet affligeant. Non mais l’actrice qui joue Alice n’est déjà pas très belle (bon, ça c’est subjectif) mais son jeu d’acteur est l’égal de celui d’une tomate. Voilà, c’est dit!

Revenons au personnage de Baron Cohen qui incarne rien de moins que le Temps dans ce film.

On nous le présente plutôt comme le méchant du film au début alors que très vite on se rend compte que sa vie est liée au temps et que le temps ne doit pas être modifié. Donc quand Alice subtilise l’artefact dont j’ai oublié le nom, le temps (le personnage) se meurt. Et cela se voit à l’écran qu’il n’est pas bien. Du coup comment peut-on le considérer comme un méchant alors qu’il cherche juste à sauver sa vie et par la même le monde entier qui se désagrège car Alice joue trop avec le temps. Mais c’est elle la méchante de l’histoire! C’est elle la grosse connasse de l’histoire quoi! Tout ça pour sauver les parents du chapelier toujours! onc tuons une autre personne et un univers entier, prenons le risque. mais quelle connerie! Et puis l’autre andouille qui s’évertue à dire au Temps qu’il ne comprend rien et qu’elle a vraiment besoin de la machine à voyager dans le temps. Excuse nous, t’as raison. On te laisse faire miss. Non mais je vous jure.

Même les scénaristes semblent s’être rendus compte que le Temps n’était qu’une pauvre victime des circonstances et il passe du méchant au comique du film pour finalement devenir un gentil personnage. Que c’est confus et mal écrit! Le vrai méchant du film est en fait la reine Rouge qui n’est pas si méchante finalement. On découvrira que tout ça est parti d’un mensonge de sa soeur lorsqu’elle était enfant. Encore une décision conne et débile qui mettra le monde en jeu. Et qui justifie le développement de la méchanceté de la Reine Rouge. Je vous laisse découvrir pour quelle raison tout cela s’est mis en branle mais c’est proprement ridicule. Puis de toute façon j’ai jamais aimé la Reine Blanche non plus. m’étonne pas qu’elle soit gourde aussi.

Non mais sérieusement, un film dans lequel le spectateur n’arrive pas à avoir de l’empathie pour l’héroïne ne peut pas fonctionner. Si dès le départ l’on se dit que sa mission n’est pas bien, l’on se fiche des enjeux et de l’accomplissement de sa quête. Cela désamorce tout le film. Les enjeux n’intéressent plus le spectateur et tout tombe à plat. Moi j’ai tant espéré que le Temps la rattrape et lui mette une bonne correction style « non mais gamine tu te rends compte de ce que t’as fait??? Allez, file dans ta chambre!! ».

Forcément le film perd tout son intérêt. Pour moi c’est le b.a-ba lorsqu’on écrit un scénario. Pour que le tout fonctionne il faut que cela soit cohérent et ait un sens. Sinon le spectateur se fiche des enjeux…pouahlalah quelle catastrophe…

Bref, un film qui ne brille pas par son scénario, ses personnages ou le développement de son intrigue. c’est brouillon, crétin et sans queue ni tête. Je n’ai d’ailleurs toujours pas saisi la morale du film. Est ce qu’il faut accepter de laisser partir les choses auxquelles on tient ou justement faut- il se battre pour les conserver à tout prix???? La fin du film nous contredit vachement sur la finalité du truc. Rien n’est clair et la décision finale d’Alice est en inadéquation avec le combat du Chapelier Fou. Aidez moi, je suis perdu…tout se contredit.

Pour moi accepter le deuil et ne pas jouer avec le temps en laissant les cicatrices du passé s’estomper peu à peu en allant de l’avant me semblait plutôt correct comme morale. M’enfin bon.

S’il y a un point sur lequel ce film est largement supérieur à celui de Burton, c’est sur le visuel. Le délire visuel est total. Autant le premier film nous avait déçu car Burton (alors qu’ Alice semblait un film calibré pour lui permettre de se lâcher visuellement et de mettre en image tous ses délires) s’était avéré très paresseux visuellement et peinait à se démarquer des idées visuelles déjà établies; autant celui-ci se lâche totalement.

Tout ce qui entoure le Temps est judicieux et ébouriffant visuellement. Que ce soit le design de son château, cette pièce ou il dit que le temps d’un tel ou d’un tel s’est arrêté…même ses sbires sont traités de manière jouissive. Quelle idée fun de les appeler des secondes et de les faire fusionner à la manière des mécha japonais afin d’en faire des minutes. C’est malin et frais. Le film fourmille d’idées bonnes comme celles ci et ça fait plaisir. c’est ce qu’on attend d’un tel film. Rien que voir le temps traité comme un océan dans lequel chaque vague est un pan du passé c’est sympa (même si visuellement ça tue les yeux…). Bref, le film ne lésine pas sur les délires visuels. Rien que la maison du Chapelier ou le nouveau repaire de la reine Rouge ont un design novateur mais simple. C’est rafraichissant et ça accroche l’oeil. Des idées toutes simples qui donnent vie à cet univers de folie et de tous les possibles. Sur ce point, le film surpasse son ainé. Et de loin. Mais c’est malheureusement le seul.

Pour finir, ce film est un échec total. Si les idées visuelles sont bonnes et rafraîchissantes (les sbires végétaux de la reine Rouge quoi, total « what the fuck » mais c’est ça le Wonderful land) le reste n’est que paresse ou alors la preuve d’un manque flagrant d’inspiration. Les acteurs semblent ne pas y croire tout comme les scénaristes qui n’ont pas réellement cherché à donner un sens à tout ça. Sauf s’ils sont partis dès le départ sur l’idée que chaque personnage de cette fable était un abruti fini. Pour finir, je n’ai lu aucun livre de Lewis Caroll et je ne sais donc pas ce qui a pu être puisé dans tel ou tel livre ou pas. Et vaut peut-être mieux pas. Loin d’être folichon, le film est sauvé par son identité visuelle. C’est tout. Ce film aura fini d’enterrer la franchise de toute façon.

Ma note: 4/10.

4 réflexions au sujet de « Alice : De l’autre côté du miroir (2016) »

  1. Décidément, je n’ai que des mauvais retours sur ce film ! Je n’ai d’ailleurs pas réussi à m’y mettre mais il faudra… un jour… en jouant à candy crush en même temps quoi >_<

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