ANNIHILATION (2018)

Encore et toujours un film exclusif Netflix. Pour pas changer. Mais pas n’importe lequel. Il s’agit de la dernière réalisation d’Alex Garland qui se trouve très loin d’être un tâcheron. On doit au monsieur les scénarii de « Sunshine » et « 28 Jours Plus Tard » ainsi que la réalisation d’ « Ex_Machina ». Et oui, son premier film est « Ex_Machina » (que j’ai le tort de ne pas avoir encore chroniqué alors que je l’ai vu tout récemment) et comme première réalisation ça en impose quand même!.. Donc le monsieur est un balaise de la SF et des histoire bien léchées. Et ce n’est pas avec cette nouvelle réalisation qu’il va se sortir de cette image de réalisateur complexe  aux aspirations intellectuelles alambiquées !

Car cette œuvre est incroyablement surprenante et ébouriffante à bien des égards. Demandant au spectateur une certaine exigence intellectuelle et surtout un laisser-aller devant ce qui va se dérouler devant ses yeux, Annihilation fait montre d’une incroyable maîtrise dans l’art de raconter une histoire en mettant en exergue un foisonnement visuel dépaysant.

Lena (Natalie Portman), une biologiste et ancienne militaire participe à une expédition destinée à comprendre ce qui est arrivé à son mari ainsi qu’à toute l’unité dudit mari dans une zone mystérieuse apparue le long des côtes américaines comme par magie. Cette zone dont on ne sait si elle est d’origine extra-terrestre ou d’origine divine semble se propager inexorablement. Lena et son groupe expéditionnaire vont vite constater qu’à l’intérieur de cette « bulle » tout a muté, faune comme flore, et que le danger pèse sur leur vie tout comme sur leur santé mentale.

Ghostbusters!!!! Ah nan, c’est pas ça…

Le film est déjà une réussite visuelle marquante. Le dépaysement est assuré avec une flore bien mise en avant aux couleurs disparates mais qui tapent dans la rétine directement. Rien que les décors autour du phare sont superbes. Les arbres en diamant, raaaaahhhh, des idées toutes simples peuvent produire un rendu visuel mirifique. Aidé en cela par des décisions de cadrage qui mettent en exergue ce fatras visuel novateur et l’on entre directement dans cette histoire. Le travail sur la lumière étant aussi assez exemplaire. Une fois passée cette « frontière mystérieuse », le corps expéditionnaire est plongé dans un monde où la lumière semble constamment réverbée, comme dans un prisme. Donnant un aspect onirique et presque fantasmé aux marais qu’ils explorent. L’on semble loin dans la réalité et cela appuie encore plus le fait que l’équipe perd peu à peu pied lors de ses pérégrinations. Le réel semble toujours plus distancé, malléable et confus dans ce film. Et en cela, l’aspect technique du film est quasiment irréprochable. Le spectateur est confus, perdu, tout comme les acteurs; et c’est l’aspect voulu par le réalisateur (en tout cas je l’espère pour lui).

Waouwwww, les jolis Bambi!!!!!

Si d’un point de vue visuel et technique, le film est pour moi une jolie réussite; le reste est un petit peu plus laborieux tout de même.

Déjà, malgré le fait qu’il faille mentionner que le casting est presque exclusivement féminin (et que c’est pas mal de voir des nanas intellos militaires, ben voui hein, c’est pas que réservé aux hommes) , je n’ai pas été tellement convaincu par les actrices. Natalie Portman en tête car elle fait sa Portman de circonstance. Elle erre dans le film avec sa tête de meuf pour qui la vie est une éternelle souffrance…Rien de nouveau sous le soleil quoi…Et le reste du casting, même s’il semble au départ intéressant, va se voir transformé soit en simple cliché, soit en personnage anecdotique dont on ne s’attachera pas du tout…Fort dommage. Même Jennifer Jason Leigh que j’apprécie habituellement beaucoup ne m’a pas fait très bonne impression durant ce film. Peut-être est-ce aussi dû au scénario qui cherche trop à complexifier des situations de personnages pas forcément transcendantes???

A la guerre comme à la guerre!!

Parce que le scénario semble effectivement un peu bordélique. A croire que le réalisateur avait le cul entre deux chaises au moment de la réalisation. Il n’a pas voulu prendre le parti-pris intello et carrément film d’art et d’essai, mais il n’a pas voulu non plus faire de son bébé un simple film de divertissement SF de plus. Le film est donc assez bancal je trouve. A vouloir a tout prix intellectualiser cette histoire d’ADN qui se transmet, se transforme et à vouloir en même temps nous faire méditer sur les rapports humains, surtout dans le couple, sur la perte, sur le sentiment de culpabilité, etc, etc…Et bien le film s’embrouille et nous embrouille inutilement. Il cherche en vain à se donner un aspect très intellectuel alors que ce n’est pas nécessaire. Et la fin très psychédélique n’ira pas en arrangeant les choses.

Où l’art du cadrage.

J’ai trouvé le dernier acte rafraîchissant visuellement et intéressant dans sa construction mais il est vrai qu’il m’a rappelé le très bon « Under The Skin » qui, lui, avait eu l’audace de jouer totalement la carte de film catégorisé art et essai. Pour Annihilation, nous avons un long métrage un peu bâtard qui n’a pas su s’affirmer comme il l’aurait fallu. Car il ne faut pas nier qu’il est avant tout un divertissement SF. Et ce côté trop prétentieux dans la réflexion lui fera défaut auprès de nombreux téléspectateurs. Et pareil dans l’autre sens. C’est donc confus. Pas inintéressant, mais mal dosé.

Flower Power!

Nous n’avons donc pas là un film tel qu’on l’aurait espéré. Garland semblant s’être un peu pris les pieds dans le tapis. Le film n’étant pas mauvais et certainement pas inintéressant mais il n’aura pas su m’enflammer comme ses précédents boulots. Sil m’a énormément convaincu sur bien des aspects (notamment techniques), il m’aura un peu lassé dans le développement de son histoire qu’il cherche à trop complexifier. Et pourtant la fin n’est pas si dure à comprendre. Pas la peine d’en faire un truc ronflant. M’enfin, c’est ainsi.

Ma note: 7/10.

Laisser un commentaire