ARRESTED DEVELOPMENT ( 2003-2006; puis depuis 2013)

Cette série est la preuve que l’on peut faire des sitcoms comiques réussies, drôles et originales acclamées par les critiques mais aussi la preuve que le public n’a pas de goût!
Comment cette série a-t-elle pu être annulée après 3 saisons par la chaîne Fox alors qu’elle est si inventive et si folle? C’est un véritable bonheur à regarder! Pourquoi les audiences n’ont elles pas suivies? Cela restera un véritable mystère pour moi.
Fort heureusement, et grâce à l’appui des fans du show, Netflix a relancé la série en 2013 pour une maigre saison. Même si une cinquième saison vient d’être signée cette année, toujours sur Netflix.
Et c’est un véritable soulagement de savoir que les péripéties de la famille Bluth vont se poursuivre tant l’on devient accro à cette bande de tarés psychotiques.

 

Excédé par les membres de sa famille, tous plus irresponsables les uns que les autres, Michael Bluth (interprété par l’excellent Jason Bateman), veuf et père d’un fils de 13 ans appelé George Michael (si,si…) joué par Michael Cera (vous savez l’ado timide et coincé de Juno), décide d’aller s’installer en Arizona afin d’y commencer une nouvelle vie. Malheureusement, juste avant son départ, son père, qui dirige l’entreprise familiale, est arrêté pour une affaire d’abus de biens sociaux. Les capitaux sont bloqués, mettant dans l’embarras toute la famille habituée à un certain train de vie. Pris de remords, Michael décide de rester afin de les aider car, comme il le dit : « Vous êtes tous désespérément décevants, mais vous êtes ma famille ! ».

 

Voilà, c’est le premier épisode et suite à cela s’en suivent des péripéties totalement dingues et toutes plus drôles les unes que les autres.
Entre le jeune frère de Michael qui ne veut pas quitter les jupons de sa mère et qui semble totalement simplet, la sœur superficielle à souhaits qui se lance dans toutes les bonnes causes dès qu’elle peut y voir un avantage pour elle et l’autre frère magicien et séducteur raté qui, lui, est pour le coup clairement un crétin fini; on va avoir droit à un festival de situations rocambolesques.
N’oublions pas aussi la mère acariâtre, égoïste, odieuse et méprisable qui ne supporte pas ses enfants, un père manipulateur ainsi qu’un beau frère qui s’évertue à se croire acteur ( David Cross, inimitable David Cross avec sa gueule improbable). Et cerise sur le gâteau, Maeby, la fille de la sœur de notre héros dont la filiation familiale est remise en question tout le long de la série.
Vous me suivez toujours dans cette généalogie tordue?

Bref, Arrested Development est une série qui passe à cent à l’heure ponctuée d’idées de mises en scène rafraîchissantes et jamais vues auparavant. Le tout raconté par un narrateur blasé, Ron Howard himself (producteur de la série qui finira par y jouer son propre rôle) et parsemé de guests en tous genres.
Mais attention, ces guests n’apparaissent pas le temps d’un épisode comme c’est souvent le cas dans des séries comme Friends mais elles reviennent régulièrement au fil des saisons et leurs personnages participent pleinement aux arcs narratifs en cours. Et quels guests!
Charlize Theron qui n’hésite pas à égratigner son image et se moquer de sa carrière (ahalala cette référence inattendue à Monster), Ben Stiller dans un rôle hilarant de magicien concurrent de Gob Bluth (le frère magicien raté), Zach Braff ou encore Liza Minnelli (carrément) qui s’en prend vraiment plein la tronche au fil des 4 saisons.

La série est ponctuée de running gags qui évoluent au fils des saisons et qui reviennent régulièrement. Des gags visuels géniaux qui m’ont fait hurler de rire tant ils arrivent intempestivement.
Les personnages évoluent tous bien mais toujours en s’enfonçant un peu plus dans la bêtise et la détresse financière. C’est incroyable de voir dans quels imbroglios ils arrivent à s’enfoncer à force de se mentir entre eux et de se mentir à eux mêmes.

Cette série est aussi une critique virulente d’Hollywood et des stars en général. Beaucoup apparaissent dans leur propre rôle et sont méchamment attaquées. Il en va de même pour ce qui est des séries télé toujours pointées du doigt avec humour notamment en ce qui concerne leur fonctionnement.
la série a aussi un côté très méta n’hésitant pas à s’auto-référencer et à briser le quatrième mur pour se moquer d’elle-même, de ses incohérences et de ses acteurs. Cela se ressent surtout en troisième saison lorsque le show savait qu’il allait être annulé. Là, plus de limites et énormément d’allusions. Juste excellent.

La série montre encore plus son originalité et sa folie avec ses fins d’épisodes annonçant ce qui va se passer par la suite. C’est juste un grand délire relatif à l’épisode qui vient d’être diffusé mais certainement pas ce qui va se passer dans l’épisode suivant.

Néanmoins la quatrième saison (celle relancée par Netflix) est nettement un niveau en dessous des autres car le casting n’a pas pu souvent jouer ensemble compte tenu de leurs plannings respectifs. Les épisodes sont alors centrés sur un membre de la famille Bluth en particulier et les protagonistes ont peu de scènes ensemble. Dommage. Mais le délire reste présent et le côté méta aussi avec notamment des allusions sur le fait que les acteurs ont étrangement vieillis alors que peu de temps s’est écoulé du point de vue de l’histoire.

C’est juste drôle et original et je ne peux que conseiller Arrested Development si vous aimez les sitcoms décalées à l’humour absurde et corrosif. Il y’a un côté humour anglais là-dedans que j’apprécie tout particulièrement. Puis les acteurs sont tous bons, devenus des stars depuis, mention spéciale à Will Arnett (la voix anglaise de Bojack Horseman!) qui pourrait tenir le show à lui tout seul. Juste hilarant!
Des gags visuels, auditifs et référencés geek en pagaille au menu sur un rythme dingue, dingue, dingue.

j’adore cette folie communicative et j’attends la cinquième saison sur Netflix avec impatience. D’autant plus que cette fois ci Netflix a promis que le cast serait dispo pour toute la durée de la saison.
ne boudez pas votre plaisir et tentez ne serait-ce qu’une saison pour voir si la folie contagieuse vous prend.
Moi je revois Gob rater ses tours de magie sur l’éternelle musique d’Europe qu’il utilise à chaque fois, je revois le père de famille donner des leçons de morale à ses enfants en les horrifiant à chaque fois avec le même homme amputé, je me remémore les instants où les personnages dépités quittent la pièce tête basse sur une larmoyante musique au piano et surtout, surtout, je revois tout le délire autour du Blue Man Group qui s’étire sur plusieurs saisons (non mais quelle connerie quoi!).

Un bol d’air de folie qui laisse des souvenirs impérissables et les zygomatiques déployés à fond.

ma note: 8/10.

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