D.GRAY MAN de Katsura Hoshino (Depuis 2004)

D.Gray Man est un manga shonen de Katsura Hoshino qui suit les pérégrinations du jeune Allen Walker.
Se situant dans une époque victorienne de fin du 18ème siècle, ce manga aux allures esthétiques très gothiques a le mérite d’être très sombre malgré un humour débordant faisant très souvent mouche et a aussi le mérite de proposer un dessin aux accents étranges et baroques; appuyant encore plus le côté gothique de l’oeuvre.

Allen est un jeune homme ayant eu une enfance relativement sombre et surtout très trouble. Il s’avère que ce jeune garçon se révèle être un Exorciste. Etre choisi par Dieu possédant un lien avec une matière divine surpuissante appelée Innocence. Son Innocence à lui se trouve logée dans son bras. De par cette aptitude inédite, il va intégrer la Congrégation de l’Ombre, organisation secrète dirigée par le Vatican chargée de combattre de par le monde le Prince Millénaire (sorte de démon au passé lui aussi trouble) qui cherche à éliminer Dieu et le supplanter avec l’aide de son armée de démons appelés Akumas.
Forcément, Allen va nouer des amitiés avec d’autres exorcistes au sein de la Congrégation, plein de types d’Innocences différentes vont être révélés et surtout nous allons apprendre que rien n’est tout noir ou tout blanc. La Congrégation, les élus de Dieu, les Démons; rien n’est aussi figé dans le marbre et aussi simple à appréhender qu’on peut le croire….

C’est un manga génial de par son scénario tant il sème le trouble et confronte ses personnages à des questionnements intérieurs forts. Allen détruit des Akumas tout en sachant qu’ils sont créés à partir de l’âme de défunts tourmentés. Il combat le Comte Millénaire et les Descendants de Noé (son armée personnelle, on va dire) tout en sachant qu’ils ont des familles, des liens affectueux forts, des émotions et surtout tout en sachant que ces mêmes descendants de Noé sont persuadés de faire le bien et que ce sont les Exorcistes les ennemis de l’humanité…
C’est donc très intéressant tout ça car beaucoup de mystères et de révélations choquantes sont au programme concernant le passé de la plupart des protagonistes de ce manga.
Krory le vampire, Lenalee la douce, Lavi le « Bookman » ou encore Komui le scientifique totalement fantasque; voilà tant de personnages que l’on prend plaisir à suivre et à découvrir dans ce manga.
Et on est pas à l’abri de nos surprises concernant l’évolution de l’histoire. Qui s’assombrit et semble toujours plus dure pour nos héros.
C’est incroyable comme l’on peut ressentir le sentiment d’impuissance d’Allen et sa bande face aux ennemis. Ils semblent tellement insignifiants et dépassés…Tension, tension, quand tu nous tiens!
L’on doit (à mon avis) un développement des intrigues de manière à ce que cela soit des crèves cœur pour nos héros au fait que le mangaka soit une femme je pense.
Car effectivement, j’ai l’impression qu’une femme mangaka se penche de manière plus subtile sur les atermoiements de ses personnages. J’ai pu aussi observer cela dans le manga Full Metal Alchemist, lui aussi écrit par une femme. Il y a quelque chose de plus subtil, de plus pur et de plus authentique dans le déploiement des sentiments de nos personnages. C’est très agréable à la lecture en tout cas.

Le style graphique parfaitement assumé par la mangaka joue énormément avec l’architecture gothique et les dimensions assez improbables de ses personnages. Le tout a un style indéniablement classe et joli, surtout qu’il utilise beaucoup de codes de l’horreur et de l’étrange (pour preuve la ménagerie très diversifiée des personnages de l’oeuvre; vampires, marionnettes, clowns…) mais ce type de dessins est plus propice aux illustrations qu’aux dessins en mouvement. En découle un des défaut majeur du manga, une illisibilité assez calamiteuse de l’action.
Sur certaines planches on ne comprend pas vraiment ce qu’il se passe. Qui fait quoi? comment il le fait? Quel coup est porté?
Et cela nuit grandement au plaisir de lecture.
C’est fort dommage. Même si cela s’améliore lorsque la mangaka change de style de dessin au fil de l’histoire.
Puisque oui, le style graphique a grandement évolué au fil des tomes, passant d’un dessin très gothique et sombre présentant des personnages aux cors décharnés et étrangement positionnés à quelque chose de plus consensuel. Je trouve que le dessin se rapproche maintenant grandement de celui d’un autre manga écrit par une femme, Full Metal Alchemist (tiens, tiens, encore…). Conférant ainsi plus de lisibilité à l’oeuvre mais cela au dépend de l’originalité graphique.

Puis un manga qui présente le Vatican comme une obscure organisation opérant das le monde entier et utilisant ses « employés » comme de simples pions qu’on envoie à la mort ça ne pouvait que me plaire. Il y a dans ce récit un côté subversif que j’apprécie tout particulièrement.

En étant à 25 tomes actuellement avec une histoire toujours en court, je pense que D. Gray Man ne révolutionne rien dans le genre mais propose une lecture agréable avec son lot de suspens, de noirceur et surtout de personnages haut en couleurs bourrés d’humour. Je ne peux que conseiller au curieux de se pencher dessus. Qui sait, cela pourrait les intéresser.

Ma note: 7/10.

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