DANTE 01 (2008)

Il était une fois un réalisateur, Marc Caro, qui avait réalisé deux grands films novateurs du cinéma français que sont « Delicatessen » et » La Cité Des Enfants Perdus » avec son compère Jean-Pierre Jeunet. Son camarade de jeu s’éloignant pour entre autres réaliser aux USA et faire des chefs d’œuvre tels qu' »Amélie Poulain » ou « Un Long Dimanche De Fiançailles », Caro se retrouva bien seul. Ne donnant plus de nouvelles cinématographiques durant plus d’une décennie. Puis voilà qu’en 2008, le prodige à l’univers esthétique et plastique brillantissime annonce la sortie de sa première réalisation en solo. Un film de science-fiction qui puis est! Miam, me disais-je. A quelle sauce le brillant réalisateur va-t-il cuisiner les téléspectateurs? Quel univers fou et quelles ambitions surprenantes va-t-il nous proposer pour son premier film? Caro dans la SF! Il faudrait être fou pour ne pas s’en délecter les babines d’avance!

Et bien que le plat fut indigeste!

Attention, ça va piquer!

Dante 01 est une prison spatiale proche de la planète Dante. Planète volcanique inhospitalière. Dans cette prison, sont emprisonnés (oui, forcément) les pires criminels de l’humanité. Ils sont sujets à des expériences sur le cerveau. Tout ce petit monde s’affaire à leurs besognes: les prisonniers souffrent et vivent l’enfer; les geôliers font leurs petites expériences de sadiques; jusqu’à ce qu’arrive sur la station prison un nouveau détenu qui sera surnommé Saint Georges a cause de son tatouage. Ce Saint Georges va alors très vite démontrer qu’il a d’étranges capacités ainsi qu’un bien utile pouvoir de ralliement qui vont tout faire changer au sein de la prison.

Que ce fut naze! Le film est d’un pénible à regarder! Alors, bien sûr que je pardonne le côté petit budget et minimaliste du film. Forcément, Caro n’avait pas les moyens de faire un gros film dans l’espace blindé d’effets visuels. Tout ça ce n’est pas grave. Le côté fait de bric et de broc a son charme. Là n’est pas le problème.

Le regard aussi vide que le film…

Par où commencer? Le jeu d’acteur est navrant. Surtout celui du personnage appelé Charon. Le mec n’a aucune expression et semble réciter ses lignes de dialogues! C’est trop mal joué! Puis les dialogues…Abscons au possible…Tous semblent écrits pour être débités sans âme et semblent juste servir à résumer ce que l’on comprend déjà. Dans le lot d’acteurs ayant oubliés de jouer il y a tout de même Dominique Pinon (un habitué de Caro et Jeunet que j’adore pourtant, arghhh) et en tête d’affiche un Lambert Wilson tout en muscles. A noter qu’il a le meilleur rôle. Logique, puisqu’il ne parle quasiment pas de tout le film.

Puis que c’est inutilement pompeux et complexe. Le film essaye de nous emmener vers des questionnements philosophiques mais au final c’est lourdaud et dénué de sens. Puis tout le message christique bien appuyé dès le départ par la forme de la station spatiale (qui semble être faite en Rubik’s Cube dites moi!) et qui finit en apothéose avec un Saint Georges en mode Jésus sauveur de l’humanité est juste boursouflé de suffisance et surtout de non sens total. Alors je veux bien qu’il n’y ait aucune explication à la fin du film. Que ce soit au spectateur de déduire les choses d’après ce qu’il vient de voir. J’aime d’ailleurs plutôt bien ce procédé. Mais là c’est tout de même du foutage de gueule et de la fainéantise! Le Saint Georges là, on ne sait rien sur lui. Il a quelques flashs mais bon on en saura pas plus. Puis la scientifique asiatique super débile qui l’apporte semble savoir des choses mais en fait non puis finalement elle disparaît abruptement du film en bonne grosse conne qu’elle est sans qu’on sache quoi que ce soit de vraiment intéressant sur elle, sur ses expériences, sur tout quoi… Putain mais c’est quoi l’intérêt scénaristique de la nanotechnologie censée modifier les psychopathes? C’est juste pour que Saint Georges soigne les bonhommes en Mister « Je Gère Les Gars, Cherchez Pas »? C’est navrant bon sang! On s’attend à tellement plus et au final on a rien. Un film bien creux où l’on passe notre temps à voir des mecs déambuler à travers des caméras, à s’écrouler au sol de douleur ou à se faire constamment gazer par un personnel pénitentiaire qui frôle l’incompétence totale…Mais Monsieur Caro que s’est-il donc passé?

-Hey mec tu comprends quelque chose à ce qui se passe? – Ah non, que dalle!

Et le film se donne même un genre faussement intello qui sonne comme de la prétention au final tant les références à l’Enfer de Dante et tout ce qui touche au monde d’Hadès plus globalement semblent être mises là pour se la péter simplement sans que cela soit réellement pertinent. Et vas y qu’un mec s’appelle Charon, une nana Perséphone, et que je te segmente le film selon les cercles de l’Enfer de Dante…Et dans quel but? Quel message y’a t-il derrière tout ça? Ah ben rien en fait. Et vas y aussi que je t’en rajoute une couche sur la symbolique de Saint Georges terrassant le dragon et que j’essaye de présenter mon film comme un conte futuriste…Va surtout essayer de mettre de l’ordre et du sens dans ton scénario mec!

Oh bon sang, j’suis patraque…ça doit être les burgers…

Le film veut péter plus haut que son cul derrière des messages philosophico-religieux qui en font presque un nanar. Le final pathétique qui n’a aucun sens à fort message religieux est juste une horreur visuelle et sonore à subir. J’ai cru vivre un lavage de cerveau. Que cette scène était longue, répétitive et moche! En parlant de scènes moches, on était obligés de se taper les images dégueulasses des nanites qui attaquent le sang des détenus? Nan parce que c’est clairement inutile et franchement grossier! Pouah quelle horreur ce film et surtout mais surtout quelle déception!

Mais t’es fou, va pas par là, c’est la fin du film!

Pour finir, j’attendais beaucoup de cette première réalisation de Marc Caro qui n’est pas n’importe qui. Et le mec m’a tellement refroidi là que j’ai envie de m’enfoncer les doigts bien profond dans les yeux et de touiller ce que je trouverai au fond plutôt que d’essayer de comprendre ce méfait pseudo méta-psychédélique mal bricolé.

Ma note: 3/10.

 

Laisser un commentaire