DEAD LANDES saison 1 (2016)

Je suis très mitigé face à cette série. Je ne sais pas vraiment quoi en penser. Je reste aussi dubitatif face au succès et aux éloges dont cette série a eu droit. J’ai regardé la saison 1 en une soirée (bon ce n’est pas très long car elles n’est composée que de dix épisodes et chaque épisode doit faire environ 20 minutes) et à la fin je ne comprenais pas l’engouement suscité par une telle série…
Anyway, Dead Landes est une série française à petit budget (vraiment très petit, disons que les effets spéciaux s’y voient encore plus que dans un épisode de Doctor Who) qui nous raconte comment un groupe de survivants coincés dans un camping va se battre pour…ben pour survivre justement. Pourquoi? Car le monde autour d’eux est devenu fou. Tremblements de terre, chute d’objets étranges et surtout ils sont encerclés par une sorte de brume mortelle. Les voilà donc tous coincés dans une petite zone non touchée par la brume dans laquelle se situe le camping au bord de la faillite de notre héros (enfin un des héros plutôt) un brin loser appelé Michel. Héros joué par le très bon et toujours brillant Thomas VDB.
Déjà, rien qu’avec le synopsis on peut aisément deviner les influences de cette série. Mélange de Walking Dead et de Lost saupoudré de beaucoup d’humour bien beauf type Les bronzés ou Camping. Cette série fait donc figure d’ovni dans le visage télévisuel français et c’est pour cela qu’elle plait tant je pense. Le sujet est osé, mélanger du surnaturel et de l’horreur avec une bonne grosse dose d’humour. L’idée est originale (bon cela existe déjà mais pour un média français c’est assez couillu et on ne peut que féliciter les chaines de télé qui ont accepté de financer le projet) et elle est encore plus accentuée par le fait que la série est interprétée en grande partie par des acteurs comiques. Je mets Yacine Belhousse en tête de gondole car je l’apprécie tout particulièrement.
Cette sorte de Kaamelott au royaume du survival horror avait tout pour plaire. D’autant plus qu’elle est uniquement filmée en found footage, genre qui cartonne pas mal depuis presque 10 ans surtout auprès du public adolescent (pour ceux du fond qui suivent pas le found footage est un procédé qui consiste à filmer avec la caméra à l’épaule nous immergeant encore plus dans l’action et dans l’histoire.Genre film-réalité. Genre documents retrouvés à la Blair Witch.).
Le tout a donc l’air bien alléchant mais malheureusement la sauce ne prend pas.
Si l’on exclue le côté ultra fauché et amateur du projet que l’on peut aisément pardonner; il reste néanmoins que l’histoire peine à convaincre. Tout est cliché et déjà vu maintes et maintes fois. Les retournements de situation sont déjà vus dans plein d’œuvres du même genre, les personnages sont tous très caricaturaux et ne nous surprennent pas. les soldats du gouvernement sont bien évidemment méchants. le prêtre est torturé et devient vite bad-ass. Y’a la folle de service perturbée par les événements…tant l’histoire que les personnages; rien ne nous invite à l’empathie et à l’investissement. les enjeux semblent du coup peu intéressants et l’on se retrouve à suivre les péripéties du groupe sans éprouver grand chose. On arrive à la fin de la saison sur un final vu aussi maintes fois dans le genre et l’on se dit qu’on a pas vu grand chose de surprenant ni d’intéressant.
Ajoutons à cela que le procédé du found footage se montre parfois bancal et peu crédible comme souvent malheureusement dans les œuvres utilisant ce moyen de narration. Certains acteurs sont très moyens voire pas crédibles du tout; ce qui est dommageable pour ceux qui survolent la série par leur jeu…
On en vient à se demander pourquoi se lancer dans un tel projet si c’est pour ne proposer aucune idée nouvelle. Certes, l’intention d’ouvrir une brèche pour le genre dans un milieu de la création française qui est ultra aseptisé est louable mais au final on se retrouve devant une série bancale qui ne propose rien de neuf. Autant ne pas se lancer si le propos est creux et le message vain. Nous nous trouvons devant une resucée petit budget de choses vues, revues et déjà digérées depuis longtemps.
L’idée ambitieuse et culottée (toujours à l’échelle française) et la générosité affichée d’un tel projet ne suffiront pas à sortir Dead Landes du marasme créatif qui la mine. c’est fort dommage, d’autant plus qu’à certains moments l’humour décalé fait vraiment mouche.
Beaucoup de bruit pour rien.
Et je comprends qu’un tel projet puisse susciter l’engouement finalement car il apporte quelque chose de frais dans nos contrées éteintes artistiquement parlant. Dans nos contrées où chaque projet un tant soit peu différent est aussitôt étouffé dans l’œuf. C’est normal qu’on supporte à bras levés finalement une telle idée. Que la jeunesse y croie et s’y accroche comme un fol espoir dans une tourmente créative. Qu’on soutienne le projet et qu’on loue l’idée…
Mais le résultat ne convainc pas. Navré. Que cela n’empêche pas le financement d’autres projets du genre par contre. Car l’intention est indubitablement bonne et notable.

Ma note:5/10.

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