DEADPOOL 2 (2018)

Le comique préféré de chez Marvel pour les spectateurs est de retour au cinéma. Et même si j’avais accueilli plutôt tièdement le premier film, je ne suis pas comme ça, je laisse sa chance à sa suite. Et grand bien m’en fasse car cette suite même si elle récupère les défauts du premier film me sied bien mieux.

Car le ton est plus mâture, plus sombre, plus propice à une histoire plutôt qu’a une farce tenue deux longues heures. Alors bien sûr, il y a son lot de vannes métas, de vannes caca-prout et de parodies comme pour la première itération des aventures de notre psychopathe en chef mais cela passe beaucoup mieux à mon goût. Déjà parce que je trouve les blagues personnellement plus réussies et moins lourdes. Et aussi car le film ne consiste plus à juste empiler conneries sur conneries avec en fond une médiocre histoire de « je dois sauver la pauvre nana éplorée » mais a quelque chose de réellement consistant à raconter.

Rien de plus normal que d’avoir envie de bousiller la tronche de ce stupide petit gros insolent. Team Cable à fond!

Premier bon point, le film ne se concentre plus uniquement que sur Deadpool. Même si à côté de ce baratineur de héros, les protagonistes peinent grandement à exister, on  notera que Cable et Domino surnagent et que l’on se penche un peu sur leur cas. Et en plus, cherry on the cake, ces deux personnages sont assez bien retranscrits à l’écran. Domino fait le taff et est bien bad-ass comme dans la BD (on s’en fout non du changement de couleur de peau du personnage tant qu’il respecte bien l’identité du personnage, non? C’est un débat stérile ces histoires de couleur de peau à mon sens.). Et Josh Brolin incarne un Cable excellent. A la fois soldat buriné et rempli de fêlures, son côté très sérieux et grave contraste parfaitement avec le déjanté Deadpool. Leurs échanges sont toujours savoureux. Alors bien évidemment le background plus que complexe de Cable est ici survolé et réduit à son strict minimum pour le bien de l’histoire. A quoi cela servirait de compliquer les choses? Bref, ce nouveau personnage se révèle un antagoniste bien plus convaincant que celui du premier film et laisse augurer de bonnes choses à venir pour la suite. Car il y a de quoi développer à outrance ce cher Cable.

Brolin fait clairement le boulot en Cable.

Et c’est bien là aussi que Deadpool deuxième du nom montre ses limites. Le fait qu’on sache qu’il y aura une suite. Qu’on sache que désormais il y a un cahier des charges à remplir pour tout film Deadpool afin que cela s’inscrive dans un univers cinématographique partagé, dans une continuité. Car si le premier long métrage faisait fi de tout cela, l’on ressent que maintenant il faut penser à grande échelle. A développer Deadpool et sa X-Force (la blague du film!) pour d’autres films. Faire attention à ce que cela coïncide bien avec l’univers X-men (très mal intégrés dans le film d’ailleurs, juste ridicule tout ça). Et du coup, le film perd de sa spontanéité et du charme que l’on pouvait trouver au premier. On sent la grosse machine réfléchie derrière. La saveur n’est plus la même.

Mais qu’importe car l’inscription de Deadpool dans quelque chose de plus grand que lui-même permet une histoire plutôt passable ce coup-ci. Et avec des enjeux! Et ça m’a bien plus plu. Même si, Cable oblige, le film s’avère moins blindé de vannes et moins en roue libre. On a nos moments durs, sérieux et tristes. Et c’est pas plus mal. Le film paraît alors plus construit, plus travaillé. Et cela n’enlève rien à la drôlerie du truc. Marvel, DC, Star Wars, le box-office, Ryan Reynolds lui-même; tout se fait joyeusement moquer et dézinguer. Ajoutons à cela des caméos surprenants et finement placés et l’on a là un plaisir certain  devant cette farce pop-geek.

« hey, je vous arrête tout de suite, vous ne servez à rien dans ce film. »

Sinon, cela reste peu fou-fou niveau écriture et scènes d’action. Niveau action je dirai même que c’est plus mal filmé que dans le premier d’ailleurs… Beaucoup d’acteurs sont revenus dans cette suite sans que cela soit d’un grand intérêt pour l’histoire. A croire que Ryan Reynolds voulait faire revenir à tout prix tout le monde pour les remercier du succès du premier film. Mais bordel entre l’aveugle et la mutante émo là; si elles n’avaient pas été là, ç’aurait été pareil… La musique de Tyler Bates est inexistante au contraire de celle de Junkie XL dans le premier qui apportait une touche reconnaissable. Ce qui fait de cette suite un film à peine aussi bon que le premier ou meilleur selon ce qu’on en attend. Pour moi c’est meilleur car la lourdeur des vannes m’a moins agacé et car je trouve l’histoire bien meilleure. Mais pour d’autres la déception sera là car justement le tout est moins fun et moins pipi-caca (même si il y en a une sacrée dose quand même…).

« Mais pourquoi je suis dans ce film au fait? »

Le tout est affaire de goût finalement. De ressenti et d’attentes. Cette suite me semble du même acabit que le premier film avec un soupçon d’intérêt en plus pour ma part. Deadpool 2 fait son job et remplit son cahier des charges. C’est déjà ça. Même si le film ne restera pas dans les annales (du Fléau?) . Ça reste anecdotique, peu ambitieux et juste divertissant.

Ma note: 6,5/10.

3 réflexions au sujet de « DEADPOOL 2 (2018) »

Laisser un commentaire