Death Note (2017)

Une grosse blague...cela ne peut être qu’une blague…ou alors un cauchemar…je ne sais pas…
Bonjour à toutes et à tous, je vais aujourd’hui vous parler de la catastrophique adaptation cinématographique du cultissime et génialissime manga Death Note.


Qu’est ce qui est passé par la tête de Netflix? Comment peut on à ce point rater une adaptation? Les gens ayant bossé sur le film ont ils pris tant de plaisir que ça à pisser sur la face de l’oeuvre originelle?


Tant de questions qui me hantent désormais…
Si les adaptations de Je Suis Une Légende avec Will Smith ou encore World War Z avec Brad Pitt ont fait mal au cul de votre intégrité littéraire, sachez qu’avec celle de Death Note vous allez avoir des saignements du rectum pendant un petit moment…



Bref, je vais essayer de me concentrer uniquement sur le film critiqué ici présent en essayant, je dis bien en essayant, d’oublier le support de départ.
Donc Death Note, pour ceux qui ne le sauraient pas, raconte comment Light hérite d’un cahier laissé sur terre par un dieu de la mort prénommé Ryuk. Dès lors que l’on écrit un nom dans ce cahier, la personne est condamnée à mourir. Sachant que l’on peut influer sur les derniers instants de vie de la personne tout en respectant certaines règles écrites dans le cahier.
Light, très arrogant, va se sentir investi d’une mission de purification du monde et va décider d’éliminer chaque individu malveillant de la planète. Face à cette étrange recrudescence de décès, les polices du monde entier vont faire appel au dénommé L, enquêteur chevronné et mystérieux dont l’identité réelle reste inconnue, afin de découvrir qui se cache derrière ce Dieu punisseur. S’en suivra un étrange jeu du chat et de la souris entre L et Kira (l’identité que s’est créé Light pour punir le mal).


Et bien même sans la comparaison avec le manga, ce Death Note reste un mauvais film.
La faute à quoi?
A presque tout.
On a un gros problème de registre devant ce long métrage.
Le film ne sait pas sur quel pied danser. On passe du teen movie à un slasher lorgnant fortement sur du Destination Finale (non mais j’vous jure! Les scènes de morts, quelle connerie!) à un film policier d’enquête pour revenir à une love story insipide et en prenant bien soin de passer par l’horreur.


Les thématiques filmiques, les codes du film changent tout le temps; on ne sait plus ce que l’on est censé regarder.
Tout est fait pour faire du sensationnalisme à outrance. Que ce soit dans les meurtres trop graphiques ou encore à travers cette ridicule visite de l’orphelinat d’où vient L semblant tout droit sorti d’un épisode d’American Horror Story.


A-t-on affaire à une confrontation entre L et Light? Ah ben non, y’a la nana de Light qui se rajoute dans cette confrontation.
Au fait, vous ai-je parlé de sa petite amie? Qui trouve le moyen d’être encore plus bête que la petite amie du Light du manga (si, si, c’est possible)?
Non, car elle n’est pas caractérisée. Elle est juste insupportable et de toute façon elle est présentée comme une pauvre cheerleader qui ne faisait rien de sa vie avant de tomber sur Light. C’est pas moi qui le dit, c’est elle. Clairement!


On s’attend à un climax grandissant entre Light et L au fur et à mesure que l’enquête se poursuit mais il n’en est rien. Hormis une ou deux confrontations ridicules; la résolution de l’intrigue entre ces deux personnages ne se fait pas frontalement. Pire, leur dernière confrontation se termine de façon totalement pathétique.
Si ce qui fait le sel de l’oeuvre à la base (l’affrontement à distance entre L et Light) est plutôt mal retranscrit; alors que nous reste-t-il?
Une love story débile entre deux ados émos qui détestent le monde entier…Le tout bien appuyé par des chansons d’amour sirupeuses qui n’ont rien à foutre ici.


Et que dire des acteurs? Celui incarnant Light joue très mal et son père, arfff, son père (qui dans le film est aussi le chef de la police. Youpiiiiii, une chose de respectée par rapport aux bouquins) joue encore plus mal.


L’écriture? Parlons-en! Le père de Light justement est un cliché ambulant et très certainement le roi des crétins. L’intrigue est balancée d’une traite et le film est rushé à une vitesse affolante pour en arriver à la confrontation Light/petite amie écervelée mais retorse/L. Light devient Kira en deux coups de cuillère à pot. On a pas le temps de digérer l’histoire, d’assimiler les règles d’utilisation du Death Note que déjà, tout est lancé.
L’enquête utilise des raccourcis et des facilités affolantes afin que L se rapproche de Light. Ce même Light qui est décrit au début du film comme un jeune homme introverti et bien plus intelligent que la moyenne. Ce même Light qui ne songe pas à planquer son Death Note et décide d’en parler à la moindre connasse qui passe par là avec un joli sourire. Vous le voyez où le jeune intelligent et réfléchi? Le jeune prêt à tout pour cacher son lourd secret?


Putain mais dans ce film Light n’est qu’un abruti qui ne pense qu’à baiser sa copine mignonne et à l’impressionner en tuant des vilains pas beaux. Mais merde quoi!
Puis L présenté comme un homme calme et plein de sang froid va finir par péter une durite, s’énerver et même utiliser une arme à feu!
Mais allez vous faire foutre quoi!


Et comment compense t-on le fait qu’un manga où il n’y a pas d’action et de combat mais juste beaucoup de dialogues puisse être intéressant au cinéma?
Et bien en offrant du grand spectacle!
Comme je le disais: enchaînements de morts dignes d’un Destination Finale, course poursuite digne d’un film d’action hollywoodien (tout en oubliant pas de rester bien ridicule quand même…Pourquoi Light balance t-il une plante en l’air en courant? Pour le spectaculaire? Pourquoi L court sur le comptoir du restaurant alors qu’il peut courir à côté? Gnéééé?) Bref, du slasher, du spectacle, du divertissement; tout ça pour maintenir notre intérêt.
Merci de croire le spectateur trop con pour apprécier un film psychologique avec juste des dialogues bien ficelés. C’est vrai, de nos jours c’est d’un chiant! Faut que ça bouge, que ça aille vite, que ça envoie! Tant pis si c’est au détriment de toute cohérence!


La scène de la grande roue est symptomatique du film. Vouloir faire du grand huit spectaculaire avec un film qui n’en a pas besoin vu son postulat de départ. Du coup, on aboutit à un truc mal branlé et grotesque, tout comme la dite scène…Non mais ce ralenti pathétique à la fin sur la musique gnan gnan là…Vous avez tué l’âme de Death Note! PENDEZ-VOUS avec votre teen movie là!


Sinon, au cas où vous ne l’auriez pas deviné, le film a très peu à voir avec l’oeuvre littéraire. Que ce soit dans le respect des personnages, de l’histoire, du message et de l’essence même de l’oeuvre. FUCK YOU!!!!!!!


Les bons points?
Quelques idées de réalisations comme Light qui passe de l’ombre à la lumière derrière son père lorsque l’enquête sur Kira est évoquée où quelques plans durant lesquels son visage est à moitié dans la pénombre, rapport à sa part sombre cachée.


Et Ryuk. Si beaucoup disent qu’il est mal fait; moi je trouve que cela passe encore car il est de toute façon impossible de le représenter de manière réaliste et/ou crédible à l’écran tant il est étrange.
Ce que j’ai aimé de lui dans ce film c’est qu’il est toujours derrière, dans l’ombre, à ricaner et observer ce qu’il se passe. Je trouve certains plans pas mal avec ses yeux luisants évoquant le spectateur témoin de la farce qu’il a mise en place et se délectant de la folie humaine.


Sinon, lui aussi n’a rien à voir avec son pendant BD-esque. Niveau caractère et actes, j’entends bien.


Donc, C’EST NUL!!!!!!!


Ma note: 3,5/10.


Ma note en tant que fan du manga: 0/10.

8 réflexions au sujet de « Death Note (2017) »

  1. Entièrement d’accord avec toi, moi qui suis une fan de Death Note, j’ai été très déçue. Alors autant que les personnages soient américain, pourquoi pas. Mais le reste est vraiment à vomir. Le passage au Japon au début du film m’a fait rire jaune ( sans jeux de mots). Light qui est méthodique à la base, est tout l’inverse dans le film. Et tellement d’autres choses à dire encore que j’y passerai la nuit. Bref, à pleurer.

  2. On est prévu dès le début : « Bref, je vais essayer de me concentrer uniquement sur le film critiqué ici présent en essayant, je dis bien en essayant, d’oublier le support de départ ».

    C’est raté !
    😀

      1. Je me rappelle qu’à l’époque de la sortie du premier volet de la franchise « Mission: Impossible » (1996) de Brian De Palma avec Tom Cruise, les fans de la série avaient crié au scandale car Jim Phelps (Jon Voight) était le traître de l’histoire et était tué … Ce fut aussi le cas avec d’innombrables adaptations, de série, de roman, et là de manga. Personnellement j’ai vu le film hier soir, et je ne l’ai pas trouvé aussi mauvais que cela. Après, qui suis-je ?
        🙂

        1. Je sais faire la part des choses entre le film et le produit d’origine. Mission: impossible est un bon film. Peu importe la série de base.
          Par contre Death Note est une histoire adolescente d’amour mal branlée avec des acteurs jouant hasardeusement tout en insérant des scènes à la « Destination Finale » sans intérêt juste pour rehausser le niveau d’une enquête (conflit?) vraiment mal menée le long du film entre L et Kira.
          C’est très moyen et le film se cache derrière des effets gore pour cacher la faiblesse de sa construction narrative.
          Et ça, je l’aurai dit même si je ne connaissais pas le Death Note original.

          Autre exemple pour illustrer mes propos: Je déteste le livre Shining alors que j’adore le film. Parfois un film ne respectant pas du tout l’oeuvre de base (ce qui est le cas pour Shining) arrive à surpasser voire sublimer l’oeuvre de départ.

  3. Et bien, moi qui ai découvert le manga assez tard et l’a dévoré, je passerai plus que mon tour car je tiens à l’intégrité de mon rectum !

    Z’ont peut-être pas lu la mange, les réalisateurs ??? 😀

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