Dernier train pour Busan (2016)

Dingue qu’il faille regarder un film de Corée du sud pour enfin voir un film potable de zombie. Oh non, encore et encore des zombies me direz-vous! C’est vrai qu’on frise l’overdose tant le succès de ce genre de monstres s’affiche partout depuis quelques années. Mais attention, ce Dernier train pour Busan est véritablement un très bon film de zombie. Peut-être le meilleur depuis 28 jours plus tard de Danny Boyle.

Donc ce Dernier train est un film de zombies se déroulant en Corée du sud. Le traitement du film est identique en tous points avec celui des autres films de ce genre. L’épidémie se développe de manière fulgurante. On suit un groupe de survivants avec chacun leur petit développement personnel. Il y a des morts, du sang, des larmes et beaucoup de chevauchées. Rien de plus classique et déjà vu me direz vous. Alors pourquoi ce film m’enthousiasme tant alors que ce genre ne me surprend plus du tout. Peut-être parce que le réalisateur a eu la bonne idée de placer l’action du film quasiment que dans un train. Train dans lequel nos héros sont piégés avec foule de zombies. Cette situation permet de proposer des moments de tensions savamment maitrisés. Et fait montre aussi de pas mal d’ingéniosité pour certaines scènes. C’est vivifiant. Une idée simple permet de transcender le genre. Tous confinés, humains comme ennemis dans le même milieu étroit. Cela marche fort tout le long du film.

Evidemment cela me plaît fortement aussi car l’adage propre aux films de zombies qui est que l’homme est un loup pour l’homme y est formidablement bien exploité.

Comme toujours, les films de zombies servent surtout de révélateurs d’une situation sociale particulière. Ici, on ne peut que constater les disparités sociales d’une Corée du sud marquée par la crise financière. Un capitalisme outrancier dans ce pays nous est exposé et met en exergue une population perdue, paumée face à la monstrueuse machine à broyer qu’est la finance. Tout est la faute de l’homme. Il est son principe prédateur. Entre lâcheté, trahisons et mensonges, l’espèce humaine est dans ce film, le pire des dangers.

Et encore une fois c’est très bien exploité. La maîtrise des ressorts scénaristiques dans ce film est parfaite. très peu de temps morts, une incroyable fluidité de l’actionne t sans entrer dans la surenchère ou le grand n’importe quoi facile avec le genre.

Une fable sociale rondement menée sur un pays en perdition qui se cherche.

Niveau effets spéciaux et maquillages, pas grand chose à dire non plus. On est loin du blockbuster américain niveau budget mais le tout est bien réussi. Rien ne pique les yeux. Décidément, ces coréens frappent fort.

Mention spéciale aussi aux acteurs notamment au père et à la petite fille. La fin du film est un déchirement qui m’a bouleversé. Alors que je suis coutumier de ce genre d’évènements pour ce type de film. Le talent d’actrice de la gamine m’a touché. A voir obligatoirement en VO! cela va de soi tant les doublages de films japonais, coréens ou chinois sont lamentables en français. Vous rateriez beaucoup de subtilités et d’émotions.

En plus de faire un film d’action remarquablement maîtrisé de par son suspens, son scénario et sa fluidité; le réalisateur se permet un moment de poésie en fin de film. Moment rare et magnifié par de judicieux plans de caméra après une débauche de violence et de tensions. Fort.

Pas grand chose à dire sur ce film. Il ne révolutionne rien. Mais revient aux fondamentaux du genre en proposant un film à peine perfectible. Cela fait tellement de bien lorsqu’on voit à quel point les zombies ont pu être malmenés ces derniers temps. Les coréens font la leçon aux américains avec leurs gros sous et leur constante recherche de toujours renouveler un genre ultra usé qui pourtant n’a rien besoin de plus que son postulat de base.

Un grand cri d’amour au genre zombiesque. Une sorte de World War Z réussi (pour le coup) avec un discours politique sous jacent ainsi qu’une jolie histoire père-fille (même si ceci et vu et revu, cela montre qu’on peut faire un bon film en restant dans les canons du genre).

Le cinéma coréen ne m’a toujours pas déçu (bon je n’ai vu que 5 films issus de ce cinéma mais à chaque fois je suis agréablement surpris) et continue de m’enthousiasmer. Un grand bravo avec les félicitations du renard.

Ma note: 9/10

8 réflexions au sujet de « Dernier train pour Busan (2016) »

  1. Un de mes coups de coeur de 2016, qui sait parfaitement mêler action, émotion et inventivité alors que paradoxalement ça reste classique et qu’on pense à un certain nombre de références.

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