Ghost in The Shell (2017)

Dernier film en date se voulant être l’adaptation d’un manga à succès (succès mérité d’ailleurs), Ghost in the Shell est au final une oeuvre imparfaite qui aura su mixer et condenser les bonnes idées de l’oeuvre originelle tout en survolant malheureusement un peu trop son sujet.


Dans ce film de science-fiction, on suit le Major interprété par Scarlett Johansson (aaaahhhh Scarlett…sploutch sploutch…oulah, pardon, je m’égare) qui se trouve être un cerveau implanté dans un corps artificiel. Car oui, elle est rescapée d’un terrible accident et l’on a décidé d’expérimenter sur elle un tout nouvel alliage cybernétique nécessitant uniquement un cerveau humain. Sa part d’humain étant alors réduite au strict minimum dans son nouveau corps. Affublée d’un corps cybernétique forcément aux capacités supérieures à l’humain elle se retrouve alors à travailler pour le ministère de  l’intérieur et doit combattre entre autres des terroristes d’un nouveau genre. Effectivement, avec l’émergence des parties cybernétiques qui « améliorent » les humains, il devient facile de les pirater et de perturber leurs esprits. C’est donc à un terroriste de ce nouveau genre qu’elle va être confrontée ce qui va l’amener à remettre en question son passé et ses origines.


Déjà, le film va trop vite. Il semble que le studio ait voulu qu’il ne dure pas trop longtemps (1 h 40 à peu près je crois) et soit calibré comme un gros blockbuster d’action; ce qui lui fait défaut. L’univers futuriste sombre qui nous est dépeint n’est pas assez développé. Alors, attention, on s’y retrouve et l’on comprend de quoi il est question mais il aurait été préférable pour la « digestion » de l’oeuvre que l’on s’attarde un peu plus sur le développement de l’univers du film. Et il en va de même pour les personnages entourant le Major qui sont carrément plus que survolés. Certes, on s’attarde un tout petit peu sur son boss (incarné par un Takeshi Kitano qui malgré une coupe ridicule réussit à toujours être bad-ass) et sur son ami et collègue Batou (dont l’acteur ferait un bon Cable pour le prochain Deadpool) mais pour ce qui est du reste des membres de son équipe, ben wallou!
Du coup, ben on s’en fiche un peu d’eux et cela fera défaut pour une scène de fin du film par exemple.
Cette sensation d’urgence gâche un peu le film qui propose un univers intéressant.


Et quel univers! Le tout est foisonnant de détails (peut-être même trop sur certains plans) et le côté monde envahi de publicités submergé par un flot continu d’informations est vraiment bien représenté à l’écran. Cela fait peur et fascine à la fois. L’ambiance du manga est ici plutôt bien retranscrite (sachant que je ne suis pas un puriste du « il faut que tout soit identique à l’oeuvre de base » qui est un concept que je trouve stupide puisqu’un objet cinématographique doit s’adapter à son support et surtout proposer une interprétation plus en adéquation avec ce même support justement) et ce futur presque palpable fait plutôt froid dans le dos. Cela m’a rappelé la série Black Mirror pour le coup. Et je vous invite donc à suivre ma critique de cette excellente série par ici car je suis très corporate 😉
Les images sont belles et certaines scènes évoquent la japanimation (surtout à la fin) et rendent hommage à ce support encore trop sous estimé à mon goût. Il est vrai que beaucoup de scènes évoqueront une imagerie manga ou jeu vidéo japonais ce qui ne pourra que faire plaisir aux geeks.
L’âme de l’oeuvre, son sel, est donc plutôt bien conservé et retranscrit je trouve dans ce film. Il se permet bien quelques digressions et facilités mais ce n’est pas scandaleux comme pour d’autres adaptations (qui a dit Je Suis Une Légende avec Will « fuck le monde, je fais ce que je veux de chaque scénario » Smith???).


Au final je n’ai pas grand chose à dire sur ce film. Je trouve qu’il parait avec quelques années de retard tant les thèmes traités ont déjà été exploités par d’autres films déjà sortis. Ce qui est malheureux car le manga est plutôt précurseur sur le sujet. Mais bon il faut dire aussi que le film survole beaucoup la portée philosophique et morale de la situation du Major par rapport au produit d’origine. Ce qui est dommage. L’action et les effets spéciaux ont été bien plus mis en avant que la réflexion autour du message du film. Qu’est ce qui fait que nous sommes humains? A partir de quel moment la technologie nous aura déshumanisés? Beaucoup de pistes de questionnement à peine effleurées dans le film…Ce qui le cantonne a un film de SF lambda plutôt qu’à une oeuvre totale comme ont pu l’être Blade Runner ou le premier Matrix.


Pour ce qui est des acteurs, il n’y a pas grand chose à dire. Il faut dire qu’ils n’ont pas des rôles de composition. Ils font le job et Scarlett malgré son personnage torturé n’a pas besoin de transmettre beaucoup d’émotions puisqu’elle a l’excuse du visage cybernétique. Hé hé, excuse facile.
L’histoire quant à elle est très classique. Trop certainement. On sait très rapidement quelles révélations vont être faites sur le Major, comment elle va réagir et comment tout cela va se finir.
Convenu.
La musique de Clint Mansell est plutôt bonne (normal, on parle quand même du mec derrière la BO de Requiem For A Dream) et nous immerge bien dans cette ambiance futuriste mais on regrettera que la musique si particulière de l’animé Ghost In The Shell n’ait pas été reprise. Sauf pour le générique de fin.


En conclusion, je dirai que Ghost In The Shell n’est pas un mauvais film mais qu’il est un film mineur. Un film à la portée minimale pour un sujet pourtant porteur de possibilités plus amples. L’oeuvre d’origine est bien plus impactante et réussie de ce point de vue. C’est un pur produit de consommation bien foutu, bien lissé et surtout joliment emballé mais qui ne dépassera pas le stade du divertissement agréable. Il ne fera pas date. Et sera vite oublié après visionnage.

Ma note: 7/10.

5 réflexions au sujet de « Ghost in The Shell (2017) »

  1. Je l’ai vu hier, et je m’attendais à pire. Un gros point négatif pour moi : ils ont pas utilisé LA musique (sauf au générique de fin comme tu le dis). Et aussi, scarlett ne colle pas bien au personnage. Par contre, pour un néophyte, je pense que le film passe très bien, ^^ et puis il y a le jeu d’acteur de Takeshi Kitano qui sauve tout.

    1. Le film est moyen plus je dirai. Mais c’est une adaptation tout à fait honorable. Pas exempte de défauts, loin de là, mais honnête et gardant la substantielle moelle de l’oeuvre de base.

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