Justice League (2017)

Le voilà enfin le gros monstre de DC censé réunir les plus gros poulains de leur écurie super héroïque. Batman, Flash, Wonder Woman et d’autres réunis sur grand écran! Le film censé poser des fondations solides pour l’encore tout jeune univers cinématographique DC.
La comparaison avec l’ennemi cordial d’en face « Avengers » est inévitable tant ce blockbuster s’est posé en exemple plutôt réussi dans l’exercice difficile de la réunion de super héros issus de leurs propres films et univers.
Alors qu’en est-il du résultat après un développement chaotique au cours duquel on a vu le réalisateur changer en cours de production (passant de Zack Snyder à Joss Whedon), le studio décider de modifier certains pans du scénario et imposer une certaine direction artistique en opposition avec celle voulue par le réalisateur de base (Snyder préférait un film sombre et le studio voulait plus de fun et de comique en mode Marvel parce que pognon tout ça…–‘)?

Ben c’est pas glorieux…
Pas catastrophique non plus à la manière d’un Suicide Squad (car là on avait touché les tréfonds du cinéma…) mais l’on sent devant ce film que la firme ne sait plus sur quel pied danser quant à ses réalisations.
C’est fort dommageable après un Wonder Woman qui avait su ajuster les choses avec simplicité et offrait un film solide et réussi en plus d’être blockbuster commercial efficace.
Mais que s’est il donc passé?
Toutes sortes de théories circulent sur le net autour de la création de ce film. certaine sont vraies, d’autres me semblent too much, m’enfin, à chacun de se faire son idée…Concentrons nous plutôt sur le résultat final proposé au spectateur.

Le film est d’un basique, d’une simplicité, d’un quelconque…A la sortie de la séance on est en droit de se dire que l’on pouvait attendre plus de la réunion de ces personnages emblématiques à l’écran. Teasée de toutes parts, cette réunion super héroïque de gros calibre ne s’avère finalement être qu’un pétard mouillé. D’un consensuel éculé. Sans aucune surprise ni aucune scène qui excite les pupilles.
Triste.

Non pas que ce soit un mauvais film, je le répète, mais ce que c’es convenu.
Souvenez vous d’Avengers.
Ils se rassemblent pour combattre une menace extra terrestre, ont des griefs de départ les uns envers le autres, sont plutôt solitaires, finissent par se serrer les coudes, il y a un cube cosmique surpuissant pouvant tout détruire comme enjeu (bon, dans ce Justice League, y’en a pas un mais trois, bref…), il y a une scène épique en plan séquence où l’on voit briller chaque héros au combat et au final tout finit bien dans le meilleur des mondes.
Et ben vous avez vu Avengers, vous avez vu Justice League…En moins bien. Malheureusement.
Car oui, Justice League n’arrive pas à la cheville de l’exemplaire blockbuster surpuissant en la matière.

Pourquoi?
Car déjà le ton du film est en inadéquation avec les films précédents de l’univers. Certes il y avait de l’humour dans Batman V Superman mais pas de cet ordre là. Ici, on ne comprend plus trop où l’on se trouve. Batman si sombre et violent, si torturé précédemment, se permet dans ce film de lâcher des jokes en pleine bataille.
Barry Allen alias Flash est un comic relief aussi exagéré que le fut Jar Jar Binks. Chacune de ses apparitions à l’écran est pour faire rire. Dit-il plus de trois phrases dans tout le film censées développer son personnage et/ou sérieuses? Il est clairement le comique du groupe mais ceci est tellement redondant que l’effet ne fonctionne pas. Cela semble trop poussif, trop calculé pour que l’humour fasse mouche . C’est trop, beaucoup trop de sa part. Et attention, ce n’est pas de la faute de l’acteur. Du coup, on rit peu…Tout est trop factice, calculé…

Le montage est mauvais. Le film est court, trop court. Au point de parfois donner l’impression d’un enchaînement de mini clips. Si certains des héros étaient connus auparavant et avaient pu développer un background conséquent, les petits nouveaux (Aquaman, Flash et Cyborg) n’ont pas vraiment le temps de s’exposer. Compliquant un attachement du public.
Marvel avait pris le temps de développer des films propres à chaque héros (plus ou moins bons, il faut l’admettre). Seul Cyborg est un tant soit peu plus développé que les autres. Et encore, ses atermoiements sont vite survolés.
Place prioritaire à l’action!
Et là aussi la bât blesse…Qu’est il arrivé aux plans épiques de Zack Snyder? Alors oui, y’a toujours des ralentis en veux tu en voilà; mais bordel, que l’icônisation des héros est ratée! Pourtant c’est le point fort du réalisateur et des précédents films de DC. Dans Man of Steel et Batman V Superman, il y en avait des plans classes et épiques icônisant parfaitement les personnages! On peut dire le mal que l’on veut de ces films, mais on ne peut pas leur enlever ça!
Et puis que c’est moche!
Bien sûr, dans ce genre de film on échappe pas à certains plans qui piquent les yeux, dans lesquels les effets spéciaux sautent aux yeux, où les fonds verts sont encore plus visibles que l’hypocrisie d’un politique; mais là!
C’est dingue autant de plans moches et ratés!
Déjà, faut que DC arrête avec leurs grand méchants en total CGI. Steppenwolf (le méchant plat et aux ambitions très Marveliennes du genre « je veux conquérir le monde mwouhahaha ») est mal fait. Lorsqu’il se bat, l’on a l’impression d’être devant un jeu vidéo. Que ça pique!
Et le comble étant que c’est encore pardonnable lorsque ce sont de grosses scènes d’action. mais dans ce Justice League, même lors de plans où nos héros ne bougent pas et prennent la pose; ça pue le fond vert…
Dites vous que dans Avengers la bataille de New York a entièrement été créée numériquement devant fonds verts et comparez avec la bataille finale de ce film…
Triste quoi…Qu’est ce qui leur a pris? Pas de budget? J’ai du mal à y croire.

Puis Ben Affleck qui semble s’emmerder à mourir et être totalement absent. Il fait de la peine. C’est quoi le problème avec cet acteur? Et il fait encore plus pitié en Batman…Non mais vous n’avez pas l’impression que Batman est ridicule dans son costume tout carré trop serré? On a l’impression qu’il peut à peine lever les bras tant il est pas à l’aise. Personnellement, je le croise, il me fait pas peur. Il est tout pataud le gars!
Et que dire du grand retour (que je ne spoilerai pas pour les naïfs qui n’auraient pas encore pigé quel personnage important réapparaît) d’un personnage mythique qui est expédié en moitié de film et est véritablement loupé dans l’émotion et l’aspect christique qu’a voulu lui donner le film? C’est d’un bâclé… Juste propice à une petite bagarre pas intéressante.

Voilà. J’ai l’air amer et déçu mais il y a de bonnes choses tout de même. Mais pas assez.
Le gros morceau annoncé comme un sérieux concurrent à Marvel fait pour l’instant grise mine. A force de vouloir Marveliser ses films, DC se prend les pieds dans le tapis. Pourtant, ces deux univers peuvent coexister au cinéma tout en proposant un ton différend. Mais les producteurs et le Dieu Pognon en ont décidé autrement…
Résultat bancal lorgnant plus vers les productions des studios Marvel les moins intéressantes plutôt que vers celles les plus abouties.

Et Danny Elfman borde! Danny Elfman! Quelle honte!
Il signe certainement ici sa pire bande originale. Se contentant de récupérer ses propres compos pour Batman (thème ultra connu), le vieux thème de Superman ainsi que celui de Wonder Woman tout en prenant bien soin de balancer aux ordures les nouveaux thèmes de ces personnages pourtant pas inintéressants; et mixant le tout dans une soupe inaudible et franchement impossible à retenir.
Quel travail de fainéant! Après, pour sa défense, il faut dire qu’il a été débauché un peu au dernier moment pour faire les musiques du film.
Décidément, tout est chaotique autour de ce film…

Bref, un film pas original pour un sou. D’un conformisme confinant presque à l’ennui. Tellement classique et surtout si peu ambitieux pour une réunion d’une telle ampleur qu’on a presque envie de s’excuser d’assister à ça. Un beau téléfilm divertissant qui sent la grosse thune. Mais en tout cas pas forcément à l’écran car c’est tout de même la foire à la saucisse des fonds verts et des incrustations douteuses…
Un beau gâchis avec quelques easter-eggs rigolos et quelques scènes qui nous sortent un tant soit peu de notre torpeur ronronnante.

Ma note: 6/10.

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