Kingsman : Le Cercle D’Or (2017)

Suite de la très bonne surprise que fut le premier Kingsman; c’est peu dire que ce Cercle D’Or était attendu par votre cher Renard.
J’avais tellement accroché à ce mélange d’action débridée et cette parodie décomplexée de films d’espionnage totalement barrée qui avait fini de me convaincre grâce à des personnages hauts en couleur.
Il faut dire que le réalisateur Matthew Vaughn a beaucoup aidé à cette réussite tant il arrive a faire des films fun et pop qui fonctionnent à merveille. Et la bonne nouvelle étant qu’il a accepté de rempiler derrière la caméra pour cette suite.

Ce second volet se passe visiblement quelques temps après le premier et nous replonge directement dans le feu de l’action avec un Eggsy attaqué et traqué par une mystérieuse association criminelle (le cercle D’Or) qui semble vouloir détruire les Kingsman.
Cette nouvelle organisation maléfique étant dirigée par une Julianne Moore en roue libre, baronne de la drogue mondiale et nostalgique des années 50 visiblement, vu l’allure de son QG.
Eggsy va devoir, par la force des choses, s’allier aux Statesman qui se trouve être le pendant américain, alcoolique et pas très subtil des Kingsman.
Il va alors se retrouver embringué dans une histoire au cours de laquelle vieilles amitiés, relations amoureuses et sauvetage du monde, of course, seront au cœur des enjeux.

Le Cercle D’Or est tel que l’était le premier film. Un film d’espionnage se moquant allègrement du côté gadget à gogos des James Bond et du flegme britannique à toute épreuve. Mais aussi une comédie survitaminée aux scènes d’action jouissives et admirablement bien filmées. Un film pop drôle et énergique qui n’hésite pas à aller très loin dans le grand n’importe quoi.

Les acteurs sont toujours bien écrits et jouent parfaitement le rôle de ces personnages qui vivent dans un monde ou tout ce qui les entoure est totalement « what the fuck » et pas crédible pour un sou. Mais eux ne semblent pas être déstabilisés par cette outrance improbable.
Julianne Moore est une méchante convaincante, totalement folle et flippante à souhaits. Et comme d’habitude, Taron Egerton, Mark Strong et Colin Firth (non, son retour n’est pas un spoil vu qu’il est annoncé dans les bandes annonces) font un boulot remarquable.

Là où le film pêche niveau personnages par contre, c’est du côté des Statesman. La faute à un développement plutôt pauvre de ces nouveaux protagonistes qui semblent côtoyer nos Kingsman sans vraiment tirer leur épingle du jeu.
Halle Berry est fantomatique, Channing Tatum fait plus office de figurant qu’autre chose et Jeff Bridges est un cliché qui n’a pas la saveur de feu le chef des Kingsman du premier volet.
Ces nouveaux personnages sont trop vite mis de côté au détriment du développement des relations entre Eggsy, Galahad et Merlin.
Leur apport au film est donc minime.
Seul Pedro Pascal (l’agent Whiskey) s’en sort mieux. Et encore, son background est envoyé à l’emporte pièces vers la fin du film afin d’expliquer ses agissements sans plus de travail sur le personnage.

Sinon, le film est très bon, comme le premier et fait par contre pas mal de références au film précédent. Je ne peux donc que conseiller de voir celui-ci après avoir vu l’oeuvre initiatrice de cette saga cinématographique.
La bande originale est prenante et dynamise les scènes du film qui sont déjà incroyablement bien filmées et mises en scène. Vaughn est virevoltant, inventif et passionnant avec la caméra.
Les scènes d’action sont dynamiques et folles. Faciles à suivre malgré une vitesse ahurissante et toujours originales.
Un grand bravo.

L’humour, lui, fait toujours mouche et n’hésite pas à aller dans le mauvais goût et l’absurde total, repoussant les limites que s’étaient fixées le premier film… Jamais je n’aurai cru voir dans un film une scène telle que celle du festival Glastonbury. C’est plutôt digne d’un film de Sacha Baron Cohen ce genre d’humour douteux.
Mais ici ça fonctionne et cela rend encore plus ridicules les films d’espionnage avec leurs gadgets absurdes et complètement alambiqués tout en appuyant sur l’incursion trop facile de scènes de sexe dans ce genre de films.

Bref, ce film c’est du tout bon, du pur bonheur pour ceux qui ont aimé le premier.
Et en guise de cerise sur le gâteau il y a un foutu caméo, bien plus qu’un caméo en fait vu le nombre de scènes où il apparaît, d’une célébrité dans son propre rôle qui n’hésite pas à se moquer d’elle même et qui est proprement hilarante.
Mais qu’est ce que Vaughn a fumé pour avoir cette idée??

Là où le bât blesse c’est que ce film est clairement une resucée du premier.
Les ressorts scénaristiques sont les mêmes. Le déroulement de la narration y est identique.
Les enjeux sont pareils…
De plus, il souffre du syndrome « toujours plus » que l’on retrouve assez aisément dans les seconds volets.
Plus d’action, plus d’humour, plus d’invraisemblances…
Malheureusement cela se fait au détriment d’une certaine fluidité dans la construction narrative.
C’est assez dispensable en fait. Et parfois très grossier et gratuit.
Cela confère à cette suite une aura moins culte que le premier qui nous surprenait par sa fraîcheur et son originalité. Ici, on est en terrain conquis et il n’y a rien de nouveau. Transposer l’idée des Kingsman aux USA et jouer avec les différences culturelles n’a rien de bien nouveau et est une recette depuis longtemps éculée dans plein de films.
On retrouve ici aussi une satire féroce des puissants (le président des USA pour ce Cercle D’Or par exemple) qui fait rire et grincer des dents. Mais ça…on l’avait aussi dans le premier. Elle est juste ici bien appuyée (Très? Trop?) comme tout propos de ce volet qui boursoufle légèrement tout ce qui était rafraîchissant dans le premier film.

C’est donc un Renard satisfait qui est sorti de la séance mais pas du tout surpris et avec cette sensation de claque dans la gueule que lui avait refilé le premier film en moins.
Reste un film sympathique, drôle et qui excelle dans ses scènes d’action.
Vaughn a enfin accepté de faire une suite à un de ces film et a plutôt réussi à s’en sortir sans malheureusement contourner l’écueil habituel de proposer le même contenu.

Ma note: 8/10.

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