LA FORME DE L’EAU ( THE SHAPE OF WATER) (2017)

Dernier film de Guillermo Del Toro qui vient tout juste de sortir sur nos écrans alors qu’il est sorti depuis des mois outre-atlantique, cette Forme De l’Eau s’avère être un excellent film renouant avec le génie qu’avait pu avoir son Labyrinthe De Pan sorti en 2006.

Et je ne saurai vous décrire à quel point j’ai adoré le Labyrinthe De Pan à l’époque! Il reste certainement un des films qui m’a le plus marqué de l’histoire du cinéma. Certainement pour son bestiaire hallucinant ainsi que pour ce mélange de fantaisie, d’horreur et de poésie que j’affectionne toujours dans le cinéma. Et il faut dire que l’on retrouve tout ça dans La Forme De L’Eau. Il était donc assez évident que j’allais apprécier ce film!

Dans ce long métrage se déroulant en 1962, en pleine guerre froide donc (ce qui aura son importance dans l’histoire), on y suit la vie d’Elisa, une muette, qui est femme de ménage dans un laboratoire de Baltimore. Dans ce laboratoire va très vite se retrouver enfermé un amphibien capturé en d’Amérique du Sud. Un lien de plus en plus fort va alors naître entre l’ingénue muette et la créature. Celle-ci étant toujours plus menacée par l’impitoyable colonel Strickland qui cherche à l’utiliser afin de se servir de ses étranges facultés respiratoires (entre autres) pour faire un bond en avant dans l’exploration spatiale. Les russes ayant, à cette époque, une avance significative sur le sujet. Elisa va alors devoir prendre tous les risques pour protéger la créature sans défense.

D’ores et déjà je peux vous dire que l’histoire est d’une banalité totale. Ce n’est pas à ce niveau que le spectateur pourra être surpris. Sorte de la Belle et la Bête en version aquatique, le film puise sa force en évoquant nombre d’œuvres cinématographiques qui nous sont chères sans jamais les plagier. Effectivement, La Forme De L’Eau sait garder sa propre identité malgré toutes les références disséminées dans ce film. Il démarre par exemple en nous rappelant Amélie Poulain tout en nous évoquant bien évidemment La créature Du Lac Noir (la référence de base pour ce film) mais en n’oubliant pas aussi de nous faire penser à Swamp Thing  ou à La Petite Sirène. Une scène m’a même ramené au récent La La Land. Bref, un melting-pot agréable condensé dans ce film qui reste tout de même formidablement marqué par la patte de son réalisateur.

Beaucoup d’influences pour ce film

On peut dire que Del Toro distille parfaitement dans ce film tout ce qu’il affectionne dans son univers cinématographique. Créature, humour, fantastique, et surtout ce qu’on a pu déjà voir dans le labyrinthe de Pan; un contraste saisissant entre la cruauté de la réalité et la poésie tendre et onirique dégagée par un univers fantastique. Ici encore, on saura nous faire rire juste ce qu’il  faut avec des personnages secondaires amusants et attachants (Octavia Spencer et Richard Jenkins y sont formidables) mais aussi nous faire peur et nous inquiéter grâce à un méchant cruel interprété avec brio par Michael Shannon qui excelle dans son personnage très dur et très vieux jeu. Le film se replace avec délice et surtout malice dans son contexte historique appuyant bien sur le racisme, l’homophobie et la misogynie  des années 60. Nous impliquant encore plus à détester les personnages abjects qui jonchent l’œuvre.

Le film ne serait rien sans Sally Hawkins qui interprète une Elisa toute en émotions et douceur. Contribuant à nous faire accepter ce qui paraîtrait too much dans un film qui parfois n’hésite pas à aller loin dans ses idées. Dans le même ordre d’idée, la mise en scène joue beaucoup dans la fluidité des idées fantastiques et le jeu de caméra nous permet de passer d’une réalité crasse à un onirisme enchanteur sans que le changement apparaisse trop brutalement à la caméra. A noter, la musique d’Alexandre Desplat qui nous enivre par petites touches d’accordéon et qui reste bien en tête, appuyant avec quelques notes la douce mélancolie de l’œuvre.

Quoi ma gueule? Qu’est ce qu’elle a ma gueule?

En conclusion, La Forme De l’Eau est un film total qui réussit à tous les niveaux en distillant de l’humour, de la tristesse et du fantastiques à bonnes doses. Une aventure agréable, assurément humaine et touchante qui marque certainement le meilleur film de Del Toro depuis le Labyrinthe De Pan. Donc foncez le voir, je pense que peu seront déçus.

Ma Note: 8/10.

 

2 réflexions au sujet de « LA FORME DE L’EAU ( THE SHAPE OF WATER) (2017) »

  1. Dans l’ensemble, j’ai trouvé le film vraiment réussi sur beaucoup de points mais je ne trouve pas que ce soit le chef-d’oeuvre annoncé, y a quelques facilités et je m’attendais à être plus émue.

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