Le jour le plus long (1962)

Ce film est un des film que j’adorais le plus regarder étant enfant. Un des film qui m’a passionné pour la seconde guerre mondiale.
Et pourtant, il était en noir et blanc et durait presque 3 heures.
Aussi étonnant que cela puisse paraître, cela n’empêchait pas le brave gamin de 8 ans que j’étais de le dévorer. Fasciné que j’étais par un tel monument du cinéma.

Car oui, ce « jour le plus long » est une oeuvre dantesque. Une oeuvre pour laquelle il aura fallu 5 réalisateurs différents. Des lieux de tournage dispersés en France pour un monceau incroyable d’acteurs issus de pays différents.
Car ce film se veut le plus proche possible des faits historiques. Il y a certes quelques erreurs, quelques anachronismes que les plus tatillons et les plus fins connaisseurs de l’histoire ne manqueront pas de repérer. Mais force est de constater, que pour l’époque, ce film est un incroyable tour de force.
Une machine de guerre impitoyable chargée de célébrer ce célèbre jour du 6 juin 1944.

Réunissant un casting 5 étoiles à l’époque et multiculturel avec John Wayne, Robert Mitchum, Henry Fonda et même Paul Anka pour les américains. Mais aussi Sean Connery côté anglais, Arletty et Bourvil côté français ainsi qu’une foultitude d’acteurs allemands que je ne connais malheureusement pas pour incarner les soldats nazis.
C’était un film de grande ampleur qui enchaînait les anecdotes liées au fameux débarquement. Passant des combats sur les plages, aux hommes parachutés, à la résistance et aussi en allant faire un tour dans les bureaux des chefs d’opérations aussi bien côté alliés que côté allemands; le film nous détaillait chaque pan de ce jour glorieux.

Un grand film de guerre qui a fait date et continue aujourd’hui de marquer les consciences. Un moment historique porté avec brio sur pellicule.

Mais qu’en est-il du film maintenant que je l’ai revu après tant d’années et avec le recul nécessaire que je dois à mon âge avancé faisant fi de la naïveté enfantine qui me manque tant???

Et bien il se trouve que j’ai pu remarquer de nombreuses choses que je n’avais pas constaté durant l’enfance.
Déjà, les acteurs de l’époque jouent bien plus mal que maintenant.
Je vous vois déjà vous effaroucher en me lisant: « comment ose t-il dire qu’un acteur de la trempe de John Wayne ne savait pas jouer? » Du calme, du calme…
Je parle plutôt pour les seconds couteaux, les seconds rôles, les figurants quoi…
Non mais vous les avez vu se faire tirer dessus? Vous les avez vu mourir?
On se croirait devant un sketch comique parfois tant c’est mal interprété. Mourir à l’écran n’est pas chose aisée (demandez à Marion Cotillard). Là, ça sent l’amateurisme. les bonhommes se jettent, gesticulent, poussent des cris très étranges…C’est l’acting de l’époque, c’est certain, mais aujourd’hui ça dénote pas mal.
Il en va de même pour les coups de feu, les explosions et tout ce qui s’en suit qui accusent un méchant coup de vieux et dont on devine la facticité directement. Mais c’est pareil, c’est l’époque à laquelle le film a été réalisé qui veut ça. On lui pardonnera donc aisément ce côté « toc » qui nous apparaît aujourd’hui en pleine figure.

Autre point noir; le film affiche clairement son côté pro américain.
On sait qu’il n’est évidemment pas de bon ton d’éprouver de la sympathie pour le camp allemand mais ici le côté héroïque des soldats alliés est bien trop appuyé. Contrebalançant en face de ça, une idiotie des soldats allemands, hautains et arrogants, les faisant souvent passer pour des benêts dépassés par les événements.
La véracité histoire en prend un coup.
On lorgne parfois plus du côté Papa Schultz plutôt que d’avoir une Wehrmacht froide, cruelle et experte en choses de la guerre.

Mais sinon le film est un beau coup de maître qui mérite qu’on y porte son attention ne serait-ce que pour son importance historique autant pour l’histoire avec un grand H que pour l’histoire du septième art.

Ma note: 7,5/10.

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