LE PONT DE LA RIVIÈRE KWAI (1957)

Film culte parmi les films cultes, Le Pont De La Rivière Kwaï est un lointain souvenir de mon enfance. J’adorais les films de guerre et tout particulièrement celui-ci. J’en gardais un agréable souvenir et après l’avoir revu récemment, je dois dire qu’il n’a rien perdu de sa superbe (si l’on excepte ses défauts évidents dû à son grand âge). Alors retour rapide sur cet ambitieux film qui fit honneur au septième art.

Le colonel Saïto commande un camp japonais de prisonniers de guerre en Birmanie lors de l’expansion de l’Empire japonais en Extrême-Orient durant la Seconde Guerre mondiale. Il reçoit dans ce camp perdu au milieu de la jungle un nouveau groupe de prisonniers britanniques, commandés par le colonel Nicholson. Il doit aussi faire construire un pont faisant partie de la « voie ferrée de la mort » et passant au-dessus de la rivière Kwaï, avec une échéance impérative : un train d’importance stratégique doit y passer. Le colonel Saïto décide donc de mettre à l’ouvrage ses prisonniers et exige du colonel Nicholson que même les officiers se mettent au travail. Nicholson refuse ce dernier point, non conforme à la convention de Genève de 1929 sur les prisonniers de guerre. Saïto brime alors sévèrement Nicholson et met à l’épreuve sa résistance physique, espérant ainsi le forcer à céder. Mais le Britannique ne cède pas, par principe. Tenant tête à ses geôliers, il inspire une grande admiration à ses hommes.En parallèle, un détenu américain, le commandant Shears, est parvenu à s’enfuir et fait part aux Alliés de la construction de ce pont. Le destin de Nicholson et de Shears va les emmener à se croiser à nouveau avec comme enjeu central ce fameux pont au dessus de la rivière Kwaï…

Ce grand film de guerre qui a reçu en son temps je crois 7 oscars faisait preuve d’une totale démesure pour l’époque. Et c’est ce qui me plaît dans ce film. De la construction du pont jusqu’à sa destruction, de ses nombreux figurants jusqu’à son casting  international; tout fait de ce long métrage une entreprise folle et extrêmement ambitieuse pour l’époque à laquelle il est sorti. C’est réellement du cinéma à grand budget et à grande ambition. Un témoignage de plus de la grande époque d’Hollywood et de ses tous puissants studios. Comme je l’avais aussi signalé dans ma chronique consacrée au film Le Jour Le Plus Long, c’est un film de guerre qui fait date et qui restera dans l’histoire.

Scène culte du film et certainement de l’histoire du cinéma.

David Lean, le réalisateur, a produit un très bon boulot jonglant habilement avec toutes les contraintes de l’époque. Adaptant avec largesses un roman de pierre Boulle, il met en avant, par le biais de cette histoire de conflit autour de la création d’un pont, un homme face à ses doutes. Un homme dont les conflits moraux finiront par exploser. Il pose des questions sur énormément de choses. Sur le traitement des prisonniers de guerre. Sur les ambitions démesurées de l’homme. Sur la servitude, la fierté ainsi que la dignité humaine. Nicholson paraît dans ce film à la fois comme un héros droit dans ses bottes aux convictions profondes mais aussi comme un fou à l’arrogance démesurée…L’on ne pourra juger s’il est bon ou mauvais, tout est question de ressenti, d’interprétation…Son évolution est le point fort du film à n’en point douter.

Et l’on ne peut que féliciter Alec Guiness dont la partition est parfaite pour le rôle. l’homme que l’on retrouvera bien des années plus tard dans le rôle de Ben Kenobi pour Star Wars tient le rôle primordial du film. Il est la pierre angulaire de cette histoire. J’ose même dire qu’il est l’intérêt du film. Un personnage de cinéma aujourd’hui rentré dans l’histoire.

« Mince, je suis si bon que ça dans ce film? »

Tout comme ce film finalement. Qui n’a donc jamais entendu les sifflements caractéristiques aux soldats anglais faits prisonniers? Tout un symbole. Cette musique est désormais associée au film de manière indélébile.

Alors, bien évidemment, le film a de nombreux défauts. On pointera assurément la véracité historique de l’œuvre. Les soldats Japonais sont bien trop laxistes et la vie des prisonniers était forcément bien plus dure que ça. Jamais un colonel Japonais ne se serait abaissé à parler anglais avec ses prisonniers…Et plein d ‘autres choses du même acabit qui n’auraient jamais pu avoir lieu dans un camp de prisonniers… Mais l’on pardonnera ces largesses car elles permettent un récit plus compréhensible et plus  fluide.

En bref, Le Pont De La Rivière Kwaï est un film qui a plutôt bien supporté de vieillir et qui devrait toujours être vu par le plus grand nombre. Posant pas mal de questions et ayant le culot de mettre plus en avant le cheminement intérieur d’un homme plutôt que la guerre qui se trouve reléguée au second plan.

Ma note: 8/10.

 

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