LE ROI ARTHUR: LA LEGENDE D’EXCALIBUR (2017)

Je ne comprends vraiment pas que ce film se fasse autant descendre! C’est sûr, ce n’est pas un chef d’oeuvre. C’est sûr que les bandes annonces annonçaient un nanar médiéval fameux… Et pourtant cette version de la légende Arthurienne en dark fantasy filmée avec des bollocks est loin d’être honteuse.

 

Derrière cette étrange adaptation cinématographique se cache Guy Ritchie, réalisateur anglais connu pour faire des films couillus avec des montages tous particuliers et des rythmes encore plus particuliers.
Alors oui les américains n’aiment pas sa façon de filmer et le montage de ses films (sûrement trop originaux pour eux habitués aux blockbusters ultra conventionnels) et se fichent éperdument du médiéval européen car ils sont issus d’un pays presque dénué d’histoire.

 

Donc le film fait un gros four…Alors qu’il possède plein de qualités!

Souvenez vous de ce que Guy Ritchie avait fait de Sherlock Holmes au cinéma! Qui imaginait voir ce cher détective adapté dans une version bagarreuse, pleine d’action; fleurant bon la violence et la sueur?…Et pourtant cette adaptation sortant des sentiers battus fonctionnait très bien. La réussite fut au rendez-vous malgré le pari risqué. Et quand on voit comment Hollywood a adapté les histoires du Petit Chaperon Rouge et d’Hansel et Gretel; cette version bourrine de la légende d’Arthur ne me choque pas du tout.

 

Si vous êtes fans du cinéma de Ritchie vous allez forcément adorer ce film. On y décèle toutes les petites habitudes et les obsessions du cinéaste. On sait direct que l’on est devant un de ces films! Moi, personnellement, j’aime assez son style tout en énergie, en montage presque épileptique (surtout lorsqu’il s’agit d’expliquer quelque chose ou lorsqu’il s’agit de flash-back) et tout en outrance filmique.

Alors oui, la légende Arthurienne est devenue une histoire crade et violente mais voir Guy Ritchie s’amuser dans un univers de dark fantasy ça n’a pas de prix!
Et bon sang, que le type se lâche!
Je trouve plutôt sympathique cette idée de transformer le bon Arthur en bandit ayant grandi dans un bordel de la cité de Londinium. Loin de l’image que l’on s’en fait.

Et c’est jouissif de constater que le film possède des moments véritablement bad-ass! Les scènes où Arthur manie Excalibur et utilise ses capacités sont tout droit sorties d’un jeu vidéo ultra stylé. Pareil pour le design final du grand méchant qui a tout d’un individu sorti du manga Berserk ou du jeu Dark Souls.
Le film fait vraiment très jeu vidéo et fait indubitablement plaisir aux geeks en pillant toute l’imagerie sombre et sale du médiéval fantastique.
Oui, cette vision de l’Angleterre me fait rêver et me donne envie de la parcourir pour y découvrir toutes les bestioles qui y vivent.

Le choix de Charlie Hunnam pour le rôle titre apparaît alors comme une évidence. Le héros de Sons of Anarchy incarne parfaitement ce beau gosse habité par la rage que doit être l’Arthur de Ritchie. On retrouve avec plaisir le jeu de Hunnam tout en arrogance et en prétention. Il a vraiment un don pour jouer le petit con qu’on arrive pas à détester. Toujours grande gueule mais toujours grand cœur aussi. Cette vision du héros m’a plu.

Pour les autres personnages, on tombe malheureusement plus dans le cliché ou dans le protagoniste de service sans relief…Dommage. Surtout pour Jude Law qui cabotine à fond dans le rôle du méchant et que je n’ai pas trouvé une seconde crédible…

 

Le film malgré une réalisation dynamitée par le style du réalisateur a eu quelques moments de coups de mou je trouve. ce qui est dingue connaissant Guy Ritchie. Il a beau tout faire pour speeder l’ensemble ( changement de plans rapides et nerveux, caméras accrochées aux acteurs lors d’une course poursuite…); j’ai eu des moments d’ennui…La faute a un scénario qui apparaît parfois obscur. On dirait qu’il y a des trous dans l’histoire ou des détails qu’on oublie de nous expliquer; et on en arrive donc à ne pas trouver de l’intérêt pour certains moments du film…Tous les moments de discussion avec la mage m’ont paru chiants et inutiles tant on avait pas développé tout le côté « mage » de l’histoire justement. Pareil pour les scènes d’initiation, où même s’il y a des monstres sympatoches qui m’ont évoqués Skyrim entre autres, j’avoue ne pas avoir tout clairement compris. Où se trouve cette zone réputée dangereuse? Pourquoi se retrouve-t-il d’un coup à côté de la mage et de ses compagnons? Pareil pour le combat final qui semble se dérouler dans un décor différent (mais classe) d’où il débute pour revenir à la fin dans ce lieu comme par magie…Kézako?

La faute a une volonté du film de miser sur l’action et le rythme au détriment d’une narration plus posée. Alors ça va à cent à l’heure, c’est des fois foutrement cool et bad-ass mais c’est aussi parfois clairement confus…
Dommage…
Je dirai aussi que ce mélange des genres ne marche pas forcément à la perfection. Voir Sherlock Holmes dans des combats de rue faire des arts martiaux passait encore mais voir le chevalier Arthur éviter des boules de feu et affronter un homme démon géant avec une cape de feu, c’est…perturbant…Et attendez de voir la taille des éléphants! Lol.
Encore une fois on ne cherche pas du tout de crédibilité historique (façon c’est une légende hein) parce que des éléphants en Angleterre au Moyen-Age ou encore un noir en chef des armées…C’est un peu comme voir une DeLorean au far-west!!!

Mais le film a ce mérite d’oser. Ritchie a fait fi des conventions et de l’imagerie de la chevalerie de la Table Ronde qui habite les consciences pour se lâcher, se faire plaisir et nous proposer quelque chose de totalement fou.
Qu’on adhère ou pas, c’est une question de goûts, mais on ne peut que louer l’effort.

Le film est finalement un divertissement honnête parfois diablement prenant mais aussi parfois étrangement bancal.
Malgré de très bonnes intentions et une énergie folle qui transpire à l’écran, le film restera anecdotique. La faute a un traitement presque par dessus la jambe de l’histoire et du développement des enjeux personnels.
Néanmoins on s’amuse vraiment devant cette étrange folie totalement assumée.

 

Ma note: 7/10.

4 réflexions au sujet de « LE ROI ARTHUR: LA LEGENDE D’EXCALIBUR (2017) »

  1. J’avoue qu’étant une fan inconditionnelle du mythe arthurien (niveau livre, je te conseille le « Cycle de Pendragon » de Stephen Lawhead, si tu ne l’as pas encore lu), du très kitsch et lyrique ‘ »Excalibur » et même de la (discutable) série « Merlin », j’ai très, très, très peur du film de Guy Richie.
    En fait, je n’ai pas trop aimé ses Sherlock Holmes, et même le côté bad-ass est devenu un peu galvaudé pour moi. Pourtant j’aime les films couillus (aaaaah « Conan le Barbare » de John Milius!), mais j’ai vraiment peur, au vu de la bande annonce, de voir une narration qui en fait des tonnes et de la CGI qui arrache les yeux comme dans les « Sherlock Holmes ». En fait, je n’aime pas vraiment le visuel… Je pense sincèrement qu’on peut se lâcher et sortir des sentiers battus de la légende arthurienne idéalisée avec ses chevaliers sans en faire des caisses comme ça… :/

    1. En fait le film est exactement comme tu le décris mdr. Mais moi ça me va. Je sais ce que je vais voir quand je vais voir du Ritchie au cinéma.
      Par contre, oui, Conan le barbare a bercé mon enfance. Qu’est ce que j’adorais cette oeuvre! J’en réécoute souvent la BO d’ailleurs, épique à souhaits.

      1. Ah! 🙂 « Riders of Doom » de Basil Poledouris et dans mon top des morceaux de film épiques… Je l’écoute toujours avant un entretien d’embauche pour me sentir héroïque!
        Bonne journée! 🙂

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