Les Proies (2017)

Nouveau film de Sofia Coppola (fille de), Les Proies est un remake d’un ancien film que je n’ai malheureusement pas vu. Bref, c’est donc avec un oeil totalement vierge sur l’oeuvre que j’ai visionné ce film.


Et après l’avoir vu; j’ose espérer que le film original soit bien supérieur.


Les Proies se passe en pleine guerre de sécession. Une jeune fille vivant dans un pensionnat recueille un soldat nordiste blessé. En bonnes chrétiennes, les demoiselles ( 5 filles, leur institutrice et la directrice de ce pensionnat) se font un devoir de le soigner alors qu’elles sont du côté des sudistes. Mais bien vite, la décision de soigner ce soldat mourant va s’avérer être un mauvais choix. Entre faux semblants, non dits et jalousies; la présence de cet homme dans ce milieu exclusivement féminin va attiser des tensions pouvant mener à des extrémités insoupçonnées.
Alors déjà, c’est beau!


Oui, les décorateurs, les éclairagistes et autres ont dû bien s’amuser en faisant ce film. Coppola a toujours su donner une ambiance éthérée à ses films et ce ne sont pas ses sublimes plans sur la lumière peinant à se faire un chemin au milieu des arbres qui nous feront dire le contraire. Il en va de même pour les décors intérieurs ou les costumes. On est plein dans l’époque et la magie opère. L’ambiance est là. Donnant l’impression que ces femmes sont coupées du monde, isolées dans un petit bout de douceur loin du tumulte de la guerre qui se rappelle à elles via d’insidieuses explosions lointaines que l’on peut entendre ici et là. Rappelant le danger qui les entoure, tout proche, très proche…
Si d’un point de vue esthétique le film est une perle; on ne peut que déplorer de constater que le reste est laissé en jachère…
Entre un Colin Farrell qui peine à insuffler une ambiguité attendue chez son personnage et une Nicole « monoexpression » Kidman dont le visage de cire est tellement botoxé qu’on a peur qu’il fonde si elle approche trop des bougies; force est de constater que l’oeuvre peine à proposer la dramaturgie qu’elle aimerait offrir.


On attendait plus de tensions sexuelles, plus de jeu du chat et de la souris entre ces pensionnaires et ce soldat…
Mais on à affaire à des dialogues parfois cyniques, parfois facétieux et quelques regards qui s’avèrent bien peu face au thriller psychologique qu’on est en droit d’attendre.


Dans ce film qui met les femmes face au tourments de leurs désirs et de leurs solitudes; j’aurai aimé plus de sensualité, plus de perfidie…
Certes, la tension monte crescendo mais le tout est lent et très creux.
Certains moments sont vénéneux mai restent trop gentillets pour le sujet du film. Il y avait moyen de faire plus fort, plus pervers. On dirait que la réalisatrice s’impose une hygiène de conduite qu’elle ne veut pas dépasser. Le tout restant alors très léger. Très puéril.
Et l’absence de charisme des acteurs n’aide pas. Kirsten Dunst en idiote naïve enfermée dans ce milieu qu’elle rêve de fuir finit d’achever un tableau dont l’atmosphère visuelle promettait un moment grandiose de cinéma. Le reléguant à un décorum somptueux encadré par des acteurs perdus avec la direction qu’ils doivent prendre..


Sinon, sachez que si vous avez vu la bande-annonce, vous avez vu tout le film. Le scénario tient sur un bout de papier, l’oeuvre voulant se consacrer au thriller psychologique sexuel s’installant dans ce pensionnat. Et vu que cela ne fonctionne pas des masses…
Les Proies est donc un huis clos moyen, bien emballé mais hasardeux dans ses décisions et ce n’est pas le prétendu message féministe du film qui m’aura convaincu.


Car moi j’y vois un groupe de femmes ne sachant pas se respecter et bataillant comme des chiffonnières dès lors qu’un zizi potable apparaît dans leur vie.
Ou alors est-ce juste que les femmes ensemble, soudées, sont fortes et n’ont pas besoin des hommes? Qu’elles savent se libérer du carcan patriarcal?
Mouais, pas convaincu le renard…


Je sors mitigé et plutôt déçu de la séance. Coppola m’a bien plus convaincu avec Lost in Translation ou Virgin Suicides. Ici, je trouve un film bien vide et bien pompeux pour pas grand chose.


Ma note: 4,5/10.

9 réflexions au sujet de « Les Proies (2017) »

  1. Je n’ai vu que l’original que j’ai beaucoup apprécié. Apparemment le livre est beaucoup mieux que cette nouvelle version également, mais cela ne m’empêchera pas de visionner tout de même le film car le casting est impressionnant malgré tout.

    1. Moui? Moi le casting ne m’a pas emballé plus que ça. j’ai toujours trouvé Colin Farell très mauvais et Kirsten Dunst plutôt moyenne. Nicole Kidman je n’en parle même plus tant son visage l’empêche de jouer depuis plus de 10 ans lol.

  2. Ce n’est pas trop mon genre de film donc je ne serai de toute facon pas aller le voir, mais j’avais déjá lu un autre avis qui s’approchait du tien, donc de toute facon, c’est mort ^^

  3. Je ne sais pas du tout comment Coppola a conçu son oeuvre, je ne l’ai pas vue non plus féministe, plus un film sur des femmes et à mon avis on confond un peu trop ces deux termes.
    Je comprends complètement ton avis même si je ne le partage pas. La version de Siegel m’ayant déplu, j’ai préféré celle-ci qui m’a semblé, certes inaboutie par moment, plus proche de l’esprit du roman.

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