Les Tuche 3 (2018)

Revoilà la famille Tuche, qui se rappelle sans cesse à nous au cinéma telle une mauvaise herbe.
La farce semblait pourtant totalement essoufflée suite au second film mais il faut croire que le méfait n’était encore pas assez grand et nous nous retrouvons donc avec une nouvelle aventure de la famille la plus beauf, la pus débile et la plus fainéante de France (exception faite de Coin Coin).

Alors si vous aviez lu ma chronique du deuxième film, vous avez pu voir à quel point j’ai pu trouver ce film mauvais et paresseux.
Et c’est donc plein d’appréhensions et d’aprioris que je suis allé voir la troisième itération « Tuchesque » au cinéma.
Et devinez quoi?
C’est toujours mauvais et paresseux….Mais…Moins que le deux.

Effectivement le film n’a encore qu’une ligne scénaristique très ténue juste propice à un enchaînement de sketchs plus ou moins drôles.
Si vous cherchez une comédie qui développe des enjeux traités tout le long du film avec une évolution morale ou autre de ses personnages principaux, passez votre chemin.
Au royaume des Tuche, tout est inaltérable.
Le développement de l’intrigue en est réduit au strict minimum.
En gros, les scénaristes se sont dits: « tiens et si Jeff Tuche devenait président de la république? »- « ah oui pas mal, essayons de trouver des blagues autour de ça »…Et voilà, une nouvelle comédie française était née…

Ce qui aurait dû être un simple sketch de 20minutes dans une émission pathétique d’Arthur ou qui sais-je se retrouve étiré en un film d’une heure trente, enchaînant des vannes plus ou moins liées ( surtout moins) et largement poussives…
Et oui, si certains gags visuels (Olivier Baroux étant un réalisateur surtout visuel et c’est dans ce registre qu’il excelle le mieux caméra en main) passent plutôt bien et sont surprenants, la plupart des blagues sont laborieuses et prévisibles.

Je ne m’étalerai pas plus longuement sur le scénario qui tiendrait sur un post-it. En gros Jeff Tuche se présente à la présidentielle, devient président au bout de 20 minutes de film et après, et bien après…Faut remplir le film jusqu’à sa fin.
Fin plutôt abrupte et arrivant comme ça entre le plat et le dessert, preuve de l’essoufflement d’idées de la part des scénaristes. Du genre; « oooffff, finissons le film là-dessus, façon on sait plus quoi dire… ».
Triste gâchis de plus pour le cinéma français dont les vraies bonnes comédies (et y’ en a un paquet) passent sous le radar face à ces gros monstres matraqués à coup de pubs made in TF1.

On ne s’attardera pas sur la réalisation qui comme A Bras Ouverts ou autres films de Dany Boon est d’une pauvreté confinant à la paresse pathologique, est digne d’un épisode de Joséphine Ange Gardien ou de Plus Belle La Vie.

Les personnages…Parlons en des personnages…Si l’on ne peut nier le plaisir des acteurs à retrouver leurs personnages, force est de constater que leur présence à l’écran est inutile. Telle une épine dans le pied, la famille Tuche est composée de beaucoup trop de protagonistes pour les scénaristes.
Hormis Jeff Tuche, pivot central qui galvanise l’image et l’histoire, les autres membres de la famille ne servent à rien.


Il apparaît très clairement que les auteurs de ce méfait filmique ne savaient pas quoi en faire.
Coin Coin fait de la figuration dans une pauvre histoire insipide qui lui est liée qui se retrouve réglée en deux scènes. La fille Tuche est toujours empêtrée dans ces histoires amoureuses barbantes. Le fils rappeur ne sert clairement à rien. La femme Tuche aussi…
Ah si, on lui invente une pauvre scène de jalousie qui dure deux minutes histoire de donner un peu de présence et de profondeur au personnage. Et aussi (pardonnez moi) un ridicule sketch sur les frites qui s’étire (s’étiiiiiiiiiire) péniblement tout le long du métrage.
Puis Mamie Suze…Toujours Mamie Suze, le boulet de la famille. Inutile et pas drôle. On a décidé d’en faire une gothique/métalleuse pour ce film…Pourquoi? Qu’est ce que cela apporte à l’histoire et au personnage?
On ne le saura visiblement jamais…
Remplissage, remplissage….

Le film est une redite navrante finalement du second film. Très peu de cohérences et beaucoup de remplissage pour faire tenir une blague durant une heure trente. C’est à peine plus drôle que le second car quelques gags sont plus réussis.
On ne niera pas l’attachement manifeste des acteurs et du réalisateur aux personnages, mais il faut savoir les laisser tranquilles au bout d’un moment.
Et il vaut mieux que j’évite de revenir sur la catastrophique scène censée se dérouler chez Angela Merkel où les clichés primaires sont tellement appuyés avec désinvolture et si peu de finesse que cela confine au racisme…
Consternant et inutile.

Ma note: 3,5/10.

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