L’expérience interdite (2017)

Encore un remake inutile de plus…N’arrivant même pas à la cheville du film original qui n’était déjà pas un chef d’oeuvre…On en vient à clairement se demander le pourquoi du comment d’une telle réinterprétation de L’Expérience Interdite en 2017…M’enfin…

5 étudiants en médecine décident de mener une expérience totalement folle qui consiste à se donner la mort et être ramenés à la vie aussitôt. Ceci dans le but de faire l’expérience d’une EMI (Expérience de Mort Imminente). Il semblerait effectivement qu’en plus d’être un moment d’extrême euphorie et de bonheur, l’EMI confère des capacités cognitives supérieures à la normale. Même si l’on découvrira au cours du film que cette expérience n’a pas été initiée que pour travailler sur les réactions du cerveau après un décès…
Bref, nos très « intelligents » étudiants vont vite regretter leurs actions car de retour des frontières de la mort, tout ne se passera pas exactement comme prévu…

Voilà.
Alors oui le pitch de départ est totalement con. Oui, les étudiants en médecine sont des crétins inconscients de leurs actes…
Proposer un film sur l’expérience de mort imminente comme trame de départ n’est pas forcément une mauvaise idée pourtant. Tant il y a d’intrigues possibles et de zones d’ombres exploitables autour du sujet.
Mais le développement du scénario est juste catastrophique.

Cette idée est juste prétexte à faire un énième film d’horreur de plus avec des jumpscare insipides et prévisibles placées à différents moments du film dans le fol espoir de donner des frissons au spectateur déjà tellement coutumier du genre que cela ne fonctionne pas du tout.
C’est ennuyeux et totalement usé comme film.
Je le redis, il n’y a rien d’inventif dans le traitement de l’angoisse dans ce film. Aucune idée de mise en scène qui provoque l’effroi ou l’angoisse. Tout y est déjà vu et revu.
Les jumpscare sont ultra prévisibles quand ils ne sont pas carrément grotesques.
La musique est d’un conformisme pour ce genre de film au point qu’on à affaire à un melting-pot sans saveur de violons à la Insidious, de gros Boom lors des moments de surprise et d’ambiance oppressante à la Sinister.
Mais quand il n’y a pas sur ces musiques la puissance visuelle horrifique ainsi que la maestria dans la représentation de l’angoisse que peut apporter un réalisateur chevronné tel que James Wan, ben on se retrouve juste avec une soupe musicale cliché et outrancière pour pas grand chose.
Ne parlons même pas des personnages qui sont écrits par des ados. Entre l’héroïne bosseuse et surdouée très gentille, la BCBG un peu hautaine, le playboy qui ne pense qu’à déconner et le ténébreux gentil effacé et timide, on est dans un tel niveau de caricature que ça en devient gênant.

On se demande ce que Ellen Page (que j’adore) a pu foutre pour se perdre dans une production aussi insipide et torchée à la va vite. Elle a dû lire le scénario pourtant. Lire ses dialogues. Je ne vois pas ce qu’elle a pu trouver d’intéressant là dedans. Et je ne pense pas non plus qu’elle ait besoin d’argent. Bref, cela restera un mystère pour moi.

Car le film aurait pu insérer de la poésie et des moments très intimes, très personnels pour chacun de nos protagonistes faisant cette expérience. Soyons fous, il aurait pu y avoir des moments filmiques proches du surréalisme insérés dans le long métrage. De l’onirisme à la Twin Peaks. Pourquoi pas. Mais il n’en est rien. Même l’histoire de rédemption autour des erreurs passées de nos personnages est survolée, exploitée au minima…

Même la surprise du film, comme quoi le personnage que l’on pensait être le principal de l’histoire ne l’est en fait pas tombe à l’eau. Pourquoi?
Parce que l’on s’attache à ce personnage-ci dès le début de l’oeuvre avec un flash-back censé être l’élément déclencheur des actes du film pour finalement nous switcher au milieu du film sur un personnage que l’on vient à peine de nous présenter comme ayant un background.
Personnage dont on se fiche jusque là et qui est plus antipathique qu’agréable. Du coup, ce pied de nez scénaristique (qui je l’espère est volontairement là pour créer la surprise sinon c’est encore plus con car les scénaristes se tirent une balle dans le pied direct avec cet effet raté qui nous sort du film) est un échec cuisant car on a énormément de mal à avoir de la sympathie pour le nouveau personnage qu’on nous catapulte en tête d’affiche. Dur de s’attacher à celui-ci et encore plus dur de se sentir impliqué lorsqu’il est en danger de mort…
C’est pas très malin…

Au final ce film est un cuisant échec.
Avec un scénario faiblard et une histoire au ras des pâquerettes, cette Expérience Interdite cru 2017 n’est qu’une accumulation de jumpscare faciles et ratées.
Dans le flot de films calibrés pour faire frissonner les teenagers, je doute que celui-ci se démarque tant il est paresseux et inutile. Il y en a énormément qui sortent chaque année, très peu sont bons, mais ce film là sombre carrément dans le bas du tableau.
Dur!
Il n’y a vraiment rien à y sauver tant l’on s’ennuie devant.
Il n’apporte rien au genre et essaye péniblement de nous surprendre en réutilisant maladroitement des ressorts scénaristiques ultra balisés qui n’étonneront plus personne.
C’est chiant et pauvre comme film.

Ma note: 3/10.

6 réflexions au sujet de « L’expérience interdite (2017) »

  1. J’ai vu le film de 90 qui comme tu le dis si bien n’etait déjà pas folichon, il y avait malgré tout quelque chose à sauver. Je comptais voir le remake par la suite mais ta critique suffit à faire taire ma curiosité ! Merci grâce à toi je m’epargnerais Un moment d’ennui

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