Logan (2017)

Logan, où le dernier film dans lequel Hugh jackman interprétera Wolverine. La conclusion en guise de chant du cygne pour un personnage fort du cinéma contemporain qui était campé depuis déjà 17 ans par le charismatique acteur.
Avec ce film réalisé par James Mangold (déjà aux manettes du précédent) c’est toute une page qui semble se tourner.
C’est un film qui s’aborde avec amertume d’autant plus qu’il est aussi le dernier dans lequel Patrick Stewart incarnera le Professeur Xavier. C’est dire pour le geek et surtout pour le gros fan des comics X-men que je suis à quel point ce film est important. Et lourd de sens.

Le film se déroule dans un futur proche. Il semble que les mutants aient disparu, qu’ils n’étaient pas le futur de l’évolution humaine. les X-men n’existent apparemment plus. Logan est devenu un simple chauffeur de limousine gardant Xavier caché dans un silo désaffecté à la frontière mexicaine. Il semblerait que Xavier ait fait quelque chose de très grave dans un passé proche. Depuis ils doivent se cacher aidés par Caliban, un des rare mutant encore en vie.
Tout cela se déroule de façon monotone et avouons le dans une déprime totale jusqu’à ce qu’une étrange fillette se retrouve à la charge de Logan bien malgré lui. Et à partir de cet instant, les choses vont prendre une toute autre tournure car Logan sera chargé d’emmener cette enfant au Canada. le film se trouve donc être une sorte de road-trip. Un road-trip crépusculaire aux forts accents de western.

Et oui, qu’on se le dise, Logan n’est pas un film de super héros classique. Plutôt atypique avec son côté crépusculaire fleurant bon le post apocalyptique (sans vraiment y être); le long métrage ne se déroule pas de manière convenue. Il y a peu d’actions dans ce film faisant plutôt la part belle aux dialogues et aux ambiances.
Puissant, dépressif et éminemment sombre, Logan est un film ovni dans la licence X-men. Mais il est un très beau témoignage de la fin d’un monument de la pop culture moderne: Wolverine.
Oui, Wolverine y est vieillissant, fatigué autant physiquement que moralement, son facteur auto-guérisseur peinant à soigner son corps meurtri…Il n’est pas à la fête et l’époque carrément sombre pour la mutanité n’aide pas à déceler une lueur d’espoir.
le film prend son temps. Mais ce n’est pas un défaut. S’appuyant sur des images léchées et évocatrices, l’on se sent touché par la gravité et la noirceur qui accable nos personnages.
C’est indéniablement le film de la licence le plus dépressif et le plus émotionnel. Hugh Jackman y est brillant et offre un dernier baroud d’honneur à notre cher Wolvie de haute volée. Excellant dans l’intensité dramatique, il montre qu’il n’est pas qu’une montagne de muscles et est capable de jouer un jeu plus subtil qu’à l’accoutumée pour le personnage.

Le film est aussi le plus violent de la saga. Suivant l’exemple de Deadpool qui semble avoir fait mouche, le film est rated-R. C’est à dire interdit à un public de moins de 17 ans aux USA. Sang, violences extrêmes, vulgarités, têtes décapitées, Wolverine peut enfin être le personnage qu’il est dans la BD. Il était temps! Et cela rend le tout plus crédible parce que dans les précédents films les lacérations de Logan semblaient couper de manière très clean les ennemis…

Le film ne serait pas réussi sans ses acteurs. Jackman, clairement, mais aussi grâce à la réussite émotionnelle des interactions entre les protagonistes. On sent la complicité entre Logan et Xavier. Leurs dialogues sont brillamment écrits et on devine qu’ils ont vécu énormément de choses ensemble. Stewart dont le jeu est à louer y est aussi brillant en nous proposant un Charles Xavier au crépuscule de sa vie plongé dans la démence et la sénilité…
Et que dire de la jeune actrice qui campe Laura, la X-23 version cinéma? Malgré son jeune âge elle fait preuve d’une férocité incroyable lorsqu’elle se bat. Ramenant à notre bon souvenir les moments les plus bestiaux de Wolverine. Édifiante de hargne et de rage!
Et son duo avec Logan est forcément très touchant. On sent la tendresse et le respect se développer entre eux tout au long de l’histoire. Cela m’a fortement fait penser au jeu Last of Us qui a tant fait parler de lui dernièrement. Un homme qui se retrouve contre son gré affublé d’une jeune fille qu’il considère comme un boulet et une source de problème. Puis au fil des péripéties, l’amitié et l’attachement se développent jusqu’à nous tirer des larmes…Logan c’est exactement ça. Une histoire de course poursuite sur fond d’amitié et de tendresse. Une enfant qui contribue à sortir notre héros de la noirceur dans laquelle il s’évertue à vivre.
C’est réussi et c’est la force du film.

Il est clairement le meilleur de la trilogie Wolverine. Le premier étant un triste nanar et le second qui a redressé largement la barre s’avérait trop bancal. Celui-ci est quasiment réussi dans son intégralité et proche de la réussite totale.
Car, oui, il y a des nuances à apporter.

le plus gros défaut selon moi de ce film est son dernier acte. Bien moins puissant et émotionnellement moins prenant que ce à quoi on pouvait s’attendre par rapport aux précédents. Il revient trop dans le classicisme propre aux films de super héros. De plus, il est moins bien maîtrisé scénaristiquement parlant et se montre plus grossièrement mis en scène. Il est la partie faible du film car plus mainstream. Je trouve aussi que le méchant « surprise « du film est une déception. Juste là pour faire une ennemi de valeur à Wolverine et justifier la baston finale. d’autant plus que dans la multitude d’ennemis intéressants qu’à Wolverine, créer ce personnage inutile juste pour ce long métrage s’avère décevant. Il fallait prendre Daken quoi (son fils dans la BD) c’était pas dur et ça aurait apporté un plus au scénario du film car Logan aurait été confronté entre le choix de la filiation naturelle et celui de la filiation spirituelle avec Laura. Mais non, ils ont créé cet ersatz de personnage aussi peu développé qu’un méchant des films Marvel Studios… Dommage.
je trouve aussi que Mangold n’est pas à l’aise avec les scènes de bastons.
Ça cut et ça recut à tout va. Si pour certains cela contribue au dynamisme de l’action, moi je trouve que cela apporte plutôt de la confusion.
Et pour finir le film n’échappe malheureusement pas à quelques facilités de scénario typiques de ce genre de films. Des grossièretés et des libertés prises évitables…Mais bon cela n’entache en rien le plaisir pris devant l’oeuvre.

Logan reste un beau film. Émouvant et touchant qui s’attarde sur un personnage qui le mérite amplement. Bien filmé, ce film est un magnifique chant d’adieu au personnage de Wolverine. Ayant le mérite de sortir des sentiers battus du genre super-héroïque pour nous proposer une histoire plus intimiste, Logan vaut le détour.
Il saura conquérir tout spectateur tant la fibre émotionnelle prévaut sur l’action.

Ma note: 8/10.

6 réflexions au sujet de « Logan (2017) »

  1. Entièrement d’accord avec toi ! 🙂
    C’est l’un des rares films de super-héros (si ce n’est LE) à jouer aussi bien sur l’intime et l’émotion.

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