MELIORA- GHOST (2015)

Meliora est le troisième album de Ghost et de loin leur meilleur.
Pour ceux qui ne connaîtraient pas le phénomène (car oui, il s’agit bien d’un phénomène); Ghost est un groupe de métal suédois qui cartonne depuis maintenant quelques années. Allant jusqu’à faire des tournées fleuve et se retrouvant au milieu des têtes d’affiche des festivals en faisant uniquement la promotion d’un EP (sorte d’album mais en beaucoup plus court avec genre moins de 8 morceaux et se payant le luxe d’être constellé quasiment que de reprises en plus).
Ils se sont rapidement imposés comme les têtes de gondole des plus gros groupes métal de ces dernières années. Avec une imagerie inspirée des films d’horreur et du catholicisme, Ghost provoque et véhicule une image allègrement black métal voire sataniste. Et pourtant il n’en est rien! C’est là qu’est toute l’ironie ainsi que tout l’attrait du groupe puisque leur musique n’a rien mais alors rien de black métal et ne correspond pas du tout à l’image que donne le groupe. Ironie, ironie…

Meliora se paye le luxe d’entrer dans la catégorie des albums qui peuvent être appréciés et écoutés par tous publics. Ne s’adressant pas qu’à un public métal. Accessible et efficace comme l’ont pu l’être avant lui des albums tels que le Black Album de Metallica ou Mesmerize de Sytem of a Down pour ne citer que ceux-ci.
Meliora envoûte, cogne et possède son auditeur en alternant des riffs rock bien acérés et des mélodies folkloriques qui nous évoquent l’univers scandinave duquel est issu le groupe.
Avec toujours le charismatique et mystérieux personnage qu’est le pape Emeritus 3 en tant que leader, Ghost nous emmène dans un voyage plein de symbolisme et d’évasion au rythme des guitares lourdes opposées à la voix cristalline du chanteur.

L’album est construit comme une montagne russe. Alternant entre morceaux bien violents et entraînants et morceaux calmes. Les morceaux sont eux-mêmes construits un peu de la même façon. Un morceau ne se termine que rarement dans le ton avec lequel il a débuté. C’est rafraîchissant.
Chaque partie de l’album est entrecoupée d’une interlude annonçant un changement de ton. On a Spoksonat avec sa cithare toujours efficace et Devil Church qui sonne comme une messe diabolique (ah la magie de l’orgue!).
Il y a du lourd avec Cirice ou encore Mummy Dust (où encore une fois ironie, le morceau le plus heavy métal de l’album est entrecoupé d’un solo de synthé) et surtout Pinaccle To The Pit où la basse seule fait le riff du morceau. De très bons morceaux percutants et violents toujours agrémentés de la voix douce de Papa Emeritus.
Il y a du morceau mid-tempo tout droit échappé des années 80 ainsi qu’une superbe balade, j’ai nommé He Is.
Cet album brasse donc assez large tout en restant cohérent et en gardant ce son Ghost qui flirte toujours avec le kitsch mais sans jamais vraiment plonger dedans. L’on ne sait si le groupe se veut être un hommage à un genre de rock des années 70,et même 80 depuis cet album, ou possède réellement ce style sans s’inspirer d’obscurs précurseurs underground d’antan mais l’on s’en fiche car la sauce prend. Le tout est bien produit , bien tenu et surtout bien inspiré.

Ghost nous propose avec Meliora un album mélangeant habilement les sons vintage et le folklore de leur contrée avec une production moderne et décapante. N’hésitant pas à innover et nous surprendre en apposant des claviers à des moments inopportuns par exemple ou en proposant des structures de morceau assez inattendues. Envoûtant et surtout bigrement efficace, Meliora condense des pépites rock qui feront headbanger et resteront ancrées dans les consciences après écoute. Le tout dans une ambiance bien évidemment très théâtrale.

Ma note: 8/10.

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