Orange Is The New Black – Saison 1 à 5 (Depuis 2013)

Orange is the New Black, où la série avec House of Cards qui a démocratisé et même permis d’affirmer Netflix comme une alternative aux canaux télévisés américains pour ce qui est de voir de bonnes séries.

 

Pour ceux qui ne connaîtraient pas encore la série, Orange (pour faire plus court) nous raconte l’histoire de Piper, une jeune BCBG plutôt aisée qui se retrouve incarcérée après qu’elle ait été dénoncée en tant que complice dans un trafic de drogue. Histoire très ancienne, c’est du passé pour notre héroïne et une simple erreur de parcours, mais c’est suffisant pour qu’elle ait à purger une peine de détention dans le pénitencier pour femmes de Litchfield.

 

Nous allons donc la voir débarquer dans ce milieu pour lequel elle n’est pas préparée du tout et nous allons la voir essayer tant bien que mal de s’y acclimater.

 

La série sera aussi l’occasion de découvrir les autres taulardes aux côtés de Piper, de découvrir leur vie, d’apprendre à les apprécier ou les détester; et cela permettra de proposer plusieurs story brassant très large avec chacune de ces protagonistes.
Orange est une série créée par Jenji Kohan, connue pour avoir créé précédemment Weeds, et il n’est donc pas étonnant que la série soit subversife, férocement drôle mais aussi très féministe.

 

Déjà dans Weeds, Kohan savait dépeindre les femmes avec brio et imposait des femmes au caractère bien trempé loin des clichés entrés bien malgré nous dans l’inconscient collectif d’une société dans laquelle les femmes ne sont que des bombasse faire-valoir dans la plupart des oeuvre télévisuelles.
Cette série est géante! Clairement.
Si les deux premières saisons se concentrent surtout sur les déboires de Piper et sa famille, la suite se développe bien plus autour des autres prisonnières de Litchfield. La série devient alors plus politique, plus corrosive et bien plus intéressante à suivre.

 

Malgré un incompréhensible trou béant d’intérêt en troisième saison tant les storylines sont insipides voire inutiles (cela dépendra de votre degré de tolérance); il faut noter que la série reprend du poil de la bête pour la quatrième saison. Elle s’envole littéralement pour ne plus redescendre jusqu’à la fin de la cinquième saison, la dernière en date.

 

Alors la série est drôle, même quand elle se veut plus sérieuse, et n’est pas composée qu’uniquement d’un humour très girly. Certes, il reste toujours présent même dans les épisodes les plus sombres mais le comique de cette série sait faire fi du sexe de ses spectateurs.
J’ai souvent ri et ait beaucoup apprécié ces femmes qui interagissent entre elles avec une bonne dose d’énergie et d’humour. Les dialogues sont frais, souvent référencés et complètement allumés. Comme la plupart de nos demoiselles.

 

Les actrices (et quelques acteurs) sont toutes plutôt bonnes et incarnent parfaitement le personnage qu’elles sont censées représenter. On s’attache et on se surprend à aimer un personnage qu’on a détesté des saisons auparavant. Et inversement.
Le casting est bien trop grand pour que j’en fasse une liste exhaustive et que je m’attarde au cas par cas mais retenez juste qu’il est formidablement bien trouvé.

 

Mais derrière cet humour assumé, n’oublions pas qu’Orange est une série carcérale qui peut s’avérer parfois étonnamment très dure contrastant fortement avec la légèreté de certaines scènes. Pour preuve, tout ce qui touche à la psychiatrie ou encore au quartier de haute sécurité, offrent des scènes bouleversantes et choquantes.
Oui, j’ai versé ma larmichette plus d’une fois. Tant on apprend à apprécier certaines héroïnes et tant l’on s’écœure de leur triste destin. J’ai encore certaines scènes à l’esprit qui me font une sacrée peine (la fin de la storyline autour de Loly entre autres pour ceux qui ont vu la série).

 

Bravo aux réalisateurs des épisodes qui appuient là ou ça fait mal, filment cela de fort belle manière en appuyant le tout avec des musiques fort bien trouvées. Ils savent nous toucher.
D’ailleurs en parlant de BO, il y a de tout musicalement au fil du show, mais cela reste toujours des choix musicaux judicieux.
Une série qui frappe fort et n’hésite pas (surtout dans les deux dernières saisons comme dit précédemment) à dénoncer des situations raciales ou autres injustices. La société américaine en prend pour son grade. Les médias, la police, les instances gouvernementales; tout en prend pour son grade avec un humour ravageur dissimulant un message fort.
Bravo à Jenji Kohan qui dépeint des portraits de femmes toutes différentes mais toutes bafouées à plus ou moins grande échelle par une société qui cherche à broyer plutôt qu’à réhabiliter les délinquants.

 

Au final, Orange est une série essentielle de notre époque. Essentielle car elle est un brûlot féministe n’hésitant pas à dénoncer par le biais d’une utilisation maligne de l’humour des errances inadmissibles de la société américaine.
Puis que c’est bon de présenter en héroïnes des femmes pas forcément canons avec tous les physiques possibles! Un peu de vérités dans cette dictature masochiste ça ne fait pas de mal!

 

Malgré une faible saison 3 (mais qui a ses bons moments tout de même), Orange est une série que je ne peux que conseiller. Elle satisfera tout le monde et aidera peut-être certains à cogiter et à se libérer de pas mal de préjugés. C’est bon, c’est très drôle, très émouvant et c’est beau comme la vie. Beau comme tout ce panel de femmes représentées dans la série. La diversité et la différence sont une force.
Merci Orange de nous le rappeler.

 

 

Ma note: 8,5/10.

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