Premier Contact (The Arrival) 2016

Je ne sais même pas par ou commencer pour parler de ce film. Je ne sais même pas ce que je peux dire dessus ou ne pas dire afin de ne pas spoiler les révélations finales de l’intrigue. Difficile tâche pour moi de vous parler de ce film. 

Ce qui est certain c’est que Denis Villeneuve a encore signé un film envoutant, émouvant, à la technique parfaitement millimétrée. Encore un de ces films poétique qui ne plaira pas au plus grand monde. Je vous avais déjà parlé du talent de monsieur Villeneuve à travers une de mes trilogies sur le blog du petit pingouin vert et vous avais parlé de mon impatience à voir ce film. Et bien le réalisateur ne m’a pas déçu. Il m’a même encore surpris.

Premier contact (grrrr, ce nom français qui dénature le produit) est un film de science-fiction avec Amy Adams, Jeremy Renner et le grand Forest Whitaker. Amy Adams y interprète l’héroïne, spécialiste linguistique de renom, mobilisée par le gouvernement américain afin de tenter d’ouvrir le dialogue avec une race extraterrestre débarquée un peu partout sur terre via des vaisseaux étranges. Voilà. Je ne sais pas ce que je peux dire de plus sur l’histoire, lol.

En premier lieu, ce film n’est pas un film de SF comme on a l’habitude d’en voir. Ici, point d’action, d’explosions, de batailles, de délires SF….les seules choses qui relèvent du fantastique dans le film sont les vaisseaux et l’apparence des aliens. Sinon rien. Pareil pour l’action. Il n’y en a pas. Il y a, par exemple, des coups de feu échangés mais on ne les voit jamais. On les entend juste au loin. Donc, déjà, ne vous attendez pas à un délire genre Independance day, car ce film est avant tout un film cérébral qui se penche plus sur le côté scientifique et humain. Le film rejoint plutôt des films du genre 2001, l’odyssée de l’espace (pas mal de références visuelles à ce film sont dans ce Premier Contact) ou Blade Runner pour l’approche métaphysique d’une rencontre au delà des frontières humaines. Disons que le film se questionne beaucoup sur comment communiquer avec une culture différente. Comment dialoguer avec des êtres dont tout ce qui les concerne nous est inconnu? Le film est passionnant du point de vue scientifique car il prend l’idée « d’invasion alien » d’un point de vue purement sérieux en se basant uniquement sur une base très simple: le langage. Le premier échange n’est jamais très simple. Et cela nous ramène aussi des siècles en arrière quand des explorateurs débarquaient sur un lieu inconnu et devaient se faire comprendre des indigènes sur place. C’est vraiment très malin et intéressant.

Le film n’hésite d’ailleurs pas a nous donner une grande leçon de morale en nous questionnant sur « comment peut-on espérer communiquer avec une forme de vie lointaine alors que nous n’arrivons même pas à communiquer entre nous? Entre nos peuples? Nos gouvernements? Nous ne nous comprenons même pas entre nous, entre certaines langues! Comment nous mettre au diapason avec toutes les subtilités de langages qui existent d’une civilisation à une autre? » Voyez, vaste débat.

Outre, l’approche évidemment scientifique, nous avons l’approche humaine. Gros point fort du film. Tout est fait pour qu’on s’identifie au personnage d’Amy Adams. Ses drames, ses émotions… arffff, dur de parler d’elle sans trop en dévoiler. Retenez que l’actrice est parfaite. Avec son visage triste tout le long, les yeux perdus dans un lointain que l’on ne comprend qu’à la toute fin.

Niveau technique, c’est parfait. Le film est un petit bijou de cinéma. L’univers sonore est génial et donne des frissons. Le travail sur le mixage sonore est incroyable. Quelle immersion! Puis les musiques…ahlala! Le top! Cette scène où l’on dévoile le vaisseau alien est magique avec les violons lancinants, dérangeants, étranges. Cette image est superbe en plus. Car oui les visuels sont parfaitement cadrés, millimétrés et nous offrent des images sublimes. Pourtant, ici, peu d’effets spéciaux, juste des plans de notre chère planète qui sait se montrer si mystérieuse, brumeuse, déstabilisante. J’en reviens toujours à cette scène où l’on nous dévoile le vaisseau.

Bref, Villeneuve manie toujours la caméra avec brio et les images sont splendides. Les cadrages très travaillés et l’ambiance est juste parfaite. Elle m’a rappelé Enemy (son film le plus incompréhensible et le plus onirique). On oscille entre une atmosphère brumeuse et mystérieuse mais aussi très lumineuse, limite aveuglante. Les effets de lumière, les éclairages…tout ça est aussi au top.

Et le film fait froid dans le dos. Il met mal à l’aise. Car les aliens, ce semblant d’invasion, les débats scientifiques et les répercussions politiques à travers le monde, ne sont pas le sujet principal du film. Ce côté SF sert à dissimuler le propos principal du film. L’amour d’une mère. La futilité de nos vies. L’importance d’aimer.

A travers un véritable questionnement sur le temps ( d’ailleurs l’idée d’appréhender le temps à travers le langage est une idée originale et intéressante je trouve; que je n’ai personnellement jamais vu ailleurs) on commence à anticiper le twist final. A mieux comprendre notre héroine et où veut en venir le film.

Le fait que les mots des aliens soient des cercles évoquant le serpent qui se mord la queue, les «  échappées oniriques » de l’héroine (un de ses rêves est à l’identique du plan final d’Enemy en plus. Amusant pour un fan de Villeneuve), le prénom de la fille Hannah qui est un palindrome…tout est lié.

Si vous ne voyez aucun lien entre tout ce qu’il y a dans ma phrase précédente et n’y voyez aucun sens, c’est normal lol. Tout prend sens à la vision du film.

Bref, la conclusion de ce voyage perturbant serait que l’arrivée est plus importante que le départ. Peu importe comment se déroule le départ. L’arrivée. Titre original du film qui prend tout son sens à la fin. Que nos couillons de traducteurs français ont choisi de modifier! Histoire de bien dénaturer le sujet essentiel du film! bande de …!

Sachez que cette « arrivée » n’évoque en fait pas l’arrivée des aliens. Cela se comprend à la fin.

Dur de ne pas dévoiler quelque chose si je parle trop, alors je m’arrête là.

Un film qui n’est pas un grand film. Un film qui est bien évidemment perfectible mais qui a su me happer et me hanter.

Le début comme la fin sont un déferlement d’émotions sur une musique sublime qui ne quitte pas mon esprit. Malgré son côté film mineur et de petits défauts, la réalisation aux petits oignons et le sujet éminemment humain et émouvant me forcent à le placer dans mes coups de coeur cinématographiques de l’année. Voire même de ma vie.

Ma note: 9/10.

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