READY PLAYER ONE (2018)

Spielberg signe son grand retour au film de divertissement à grand spectacle avec ce Ready Player One. Et quel divertissement!

2045. Le monde est au bord du chaos. Les êtres humains se réfugient dans l’OASIS, univers virtuel mis au point par le brillant et excentrique James Halliday. Avant de disparaître, celui-ci a décidé de léguer son immense fortune à quiconque découvrira l’œuf de Pâques numérique qu’il a pris soin de dissimuler dans l’OASIS. L’appât du gain provoque une compétition planétaire. Mais lorsqu’un jeune garçon, Wade Watts, qui n’a pourtant pas le profil d’un héros, décide de participer à la chasse au trésor, il est plongé dans un monde parallèle à la fois mystérieux et inquiétant…

Sous son aspect de film fan service usant jusqu’à l’écœurement de la fibre nostalgique des cinéphiles et geeks en tous genres afin de s’assurer un succès évident, ce long métrage cache en fait une ouvre plastique qui fera date et qui ne se limite pas à ce seul procédé commercial facile et tape à l’œil.

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Spielberg a signé avec ce film ce qui pourrait bien être son œuvre testament, sorte de mise an abyme de son cinéma, de son univers et de ses influences. Alors évidemment le film est parsemé de références vidéoludiques, cinéphiles, musicales et j’en passe, et évidemment, le film est un énorme hommage à la culture pop; mais il ne se contente pas d’aligner les clins d’œil. Car derrière un aspect de prime abord très putassier, il  y a la mise en image et la réalisation de tout ça qui importe.

Certes, l’histoire est d’un cliché absolu. Avec un « Oasis » virtuel que tout le monde cherche à s’approprier. Avec forcément une méchante grosse compagnie prête à tout pour mettre la main dessus et son dirigeant bien caricatural. Avec son héros qui n’en est pas vraiment un au départ, avec son groupe de résistants et bla et bla et bla…Mais le contenu du film outrepasse toutes ces considérations qui sont autant de faiblesses du film. Le tout est balayé par un torrent visuel d’idées et de fun au point que l’on finisse par accepter toutes ces facilités. Le film suinte la passion et l’amour du cinéma. Mais aussi du jeu vidéo. Tout y est traité avec respect et sérieux. C’est d’un jouissif de déceler toutes les références dans cette œuvre. C’est un vrai travail de passionné qui a été fait pour ce film. Sorte d’acceptation ultime que la culture pop régit désormais aujourd’hui tout ce qui touche à l’art. Si les geeks étaient encore moqués dans les années 90, nul doute que depuis un moment maintenant ils sont les maîtres et les faiseurs du marché. Ils inondent tout et influencent tout et admettons le, ils offrent les meilleures œuvres de ces dernières années. Et Ready Player One se présente un peu comme le summum de la culture geek au cinéma. Le paroxysme d’un art de vivre en quelque sorte.

Qui aurait cru voir du Overwatch et du Street Fighter dans la même œuvre au cinéma?

A noter aussi qu’il y aura très certainement un après Ready Player One tout comme il y a eu un après Avatar. Le concept de l’avatar (justement) est poussé encore plus loin dans ce film et permet aux réalisations cinématographiques de pousser le réalisme et les limites visuelles toujours plus loin. Tous les délires sont désormais possibles à l’écran. Et surtout, ils sont désormais acceptés par le téléspectateur sans qu’il trouve que cela soit too much. C’est désormais accepté, ancré dans les mœurs. Dorénavant, tout sera possible au cinéma. L’on croyait être allé au bout de quelque chose mais Spielberg enfonce ici encore plus profondément les limites.

En bref, c’est un divertissement total. On entre dans le délire de suite et l’on s’ébahit à chaque nouvelle séquence tant l’audace n’a pas de limites. Et pour un fan du Géant De Fer ou de Shining tel que moi, nul besoin de vous dire que j’ai surkiffé certains moments du film. Oh bon sang que c’était bon!

N’oublions pas évidemment le casting qui joue avec cœur et les séquences tournées dans le monde réel qui ne sont pas en reste. Le film est bien évidemment marqué du sceau du divertissement familial si cher à Spielberg et n’échappera donc pas à l’écueil un peu cucul et facile à certains moments mais qu’importe puisque la magie opère.

C’est une fable futuriste qui en plus fait légèrement froid dans le dos car l’on se dirige tranquillement vers ça dès lors que l’on connaît un peu le monde du jeu vidéo. D’ailleurs c’est très appréciable de découvrir des dialogues très typés gamer dans une si grosse production avec des termes tels que « respawn », « noob » ou d’autres qui sont régulièrement lâchés tout naturellement dans le film.

Et dire que moi, ma première bagnole c’était une Fiat Panda!

Voilà, voilà, j’ai adoré. Quel pied, mais quel pied!

C’est une réussite visuelle indéniable, formidablement divertissante, dont on aimerait en voir bien plus lorsque cela s’arrête. Ça se paye en plus le luxe d’avoir une morale pas dégueu et de nous avertir sur une inéluctabilité probante de notre avenir. On est pas loin d’une révolution cinématographique comme avait pu l’être Avatar avec ce film. Le contenu scénaristique n’étant pas la clé du film, bien sûr, mais le reste étant la quintessence de ce que doit être le cinéma de divertissement novateur et créatif. C’est beau, c’est bien, c’est cool, c’est fun et c’est fait avec cœur et passion. Bravo et merci. Et à bientôt dans l’Oasis.

Ma note: 9/10.

3 réflexions au sujet de « READY PLAYER ONE (2018) »

  1. Je n’en attendais presque rien de ce film parce que je ne suis pas une grande fan du cinéma de Spielberg. Cependant, j’ai eu une méga claque visuelle lors de mon premier visionnage. Je crois qu’en terme de film de divertissement, il sera dans mon top cette année !

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