Rock’n’Roll (2017)

Le nouveau film de Guillaume Canet est un film autobiographique incluant des éléments réels et fictifs. Jouant avec les clichés que l’on peut avoir sur la vie des stars, s’amusant à soit les désamorcer ou soit à les amplifier, Rock’n’Roll est une petite comédie sympatoche qui fourmille d’idées mais qui malheureusement se heurte a une mauvaise gestion de son postulat de départ.


Et oui, Guillaume Canet vieillit. Il est loin le temps du jeune acteur prometteur. L’homme a fait ses preuves autant artistiquement que dans sa vie privée. Car en plus d’être un exemple inspirant la nouvelle génération d’acteurs, il a désormais l’image d’un homme rangé grâce à son solide couple avec Marion Cotillard et sa passion immodérée pour l’équitation qu’il affiche fièrement ne contribue non plus pas à lui donner une image pleine d’aspérités.
Et pour Guillaume c’est le choc lors d’une interview. Il se rend compte qu’il a une image rangée, qu’il n’est plus le sex-symbol qui fait fantasmer les petites jeunes et, drame, qu’il peut dorénavant jouer les rôles de père et même de grand-père s’il le faut! C’en est trop pour lui. Il craque et nous fait sa crise de la quarantaine courant derrière une jeunesse perdue et cherchant à se donner une image plus rock’n’roll.


Et c’est suite à cette recherche désespérée de jeunisme, ce besoin grandissant de rester dans le coup que les péripéties vont s’enchaîner pour Canet. Aussi bien sa vie sentimentale que sa carrière vont être chamboulées au risque de perdre ce qui est le plus important à ses yeux finalement.
Le film part donc sur une idée déjà maintes fois traitée au cinéma. L’originalité étant ici que les acteurs interprètent leur propre rôle. On voit donc toute la sphère people entourant Canet vivre sa vie et subir les sautes d’humeur de Guillaume.Il est alors très amusant de voir que Cotillard et Canet ne vivent pas forcément comme certaines personnes peuvent le fantasmer, dans une opulence crasse. Ils sont comme nous et ont une vie très posée, très terre à terre. Pareil pour les amis du couple people qui vivent à nos côtés et ont les mêmes problèmes du quotidien que nous.


L’humour est donc bien présent jouant allègrement avec les clichés que l’on peut se faire d’une star de cinéma. Notamment toutes les idées que l’on peut se faire de Marion Cotillard, actrice internationale constamment nommée aux Oscars et aux Césars. Canet joue alors ici en exagérant les clichés. Marion en fait beaucoup trop pour ses rôles, chamboulant ainsi sa manière de vivre pour s’immerger dans le personnage. C’est drôle car malgré le côté forcément too much, l’impact sur sa vie de couple et sur le pauvre Guillaume, spectateur de toute cette folie, fait mouche. Bon, j’avoue que l’accent québécois est assez rapidement usant par contre…


On ne peut que louer le regard qu’a le couple sur lui-même et apprécier l’autodérision dont ils font preuve. On ne sait ce qui est réel et ce qui est fictif dans leur vie dévoilée à l’écran mais on se prend au jeu.
Le film réussit son coup en étant drôle tout en posant un regard tendre sur Guillaume qui part de plus en plus à la dérive. Cela vaut pour les deux premiers tiers du film je dirais.
Car malheureusement, dans la dernière partie, l’humour devient trop grossier. On ne sait plus si l’on doit rire ou pleurer face à ce que Guillaume inflige à son personnage. Je ne dévoilerai rien mais cela part tellement loin que la sauce ne prend plus. Le film qui savait rester intelligemment dans le domaine du possible part dans le grotesque. A tel point que l’on se déconnecte de l’histoire, sachant que la limite du crédible a été dépassée.


On sait que Guillaume Canet ne peut pas aller jusque là et à partir de ce moment le film ne fonctionne plus. c’est trop. D’ailleurs le genre du film devient plus confus. On ressent du malaise pour le personnage de notre héros. Les rires sont gênés. On a parfois l’impression d’être face à un drame. Mais apposer juste à côté des scènes dignes d’un film de De Funès (au grotesque affligeant) apporte un véritable déséquilibre à l’oeuvre. Le film se permet même dans ses 20 dernières minutes de partir dans une sorte de comédie romantique qui ne tient pas la route.
Plus le métrage avance, plus il semble flagrant que Canet avait une bonne idée de départ mais qu’il n’a pas su comment l’exploiter. Cela se ressent très fortement face à la fin du film. Il ne savait pas comment finir son sujet et ne sachant comment se sortir d’un tel scénario il a décidé de jouer le jeu à fond de la gaudriole, du grand n’importe quoi…Désolé, mais pour moi ça ne passe pas.
C’est très dommageable.


Alors bien sûr, le film a son lot de stars. De petites allusions bien senties sur le milieu du showbiz qui font mouche. Par contre dans ce flot de moments agréables il y a quelques longueurs évitables et quelques scènes bien inutiles. Par exemple toute la partie avec Johnny Hallyday et sa femme s’avère n’être que du remplissage. Pas drôle et ultra éculé, jouant sur le personnage de Johnny…C’est juste nul et cherchant à rentabiliser le fait que ce monstre de la musique française ait accepté d’apparaître dans le film. Facile, trop facile…
Je suis sorti mitigé d’une séance qui démarrait pourtant sous les meilleures augures. Il semble que Canet n’ait pas maîtrisé son sujet. On lui pardonnera cet égarement grâce à quelques savoureux moments (les scènes avec Yvan Attal notamment) mais la copie rendue est brouillonne malgré ça.
De belles intentions mais un dernier acte indubitablement bancal et mal traité.


Ma note: 6/10.

4 réflexions au sujet de « Rock’n’Roll (2017) »

    1. Lol, il reste très moyen pour moi. Par contre jamais de la vie je ne regarderai un film sur Ipad. Déjà que sur un ordinateur ça m’énerve. Il me faut un grand écran pour apprécier l’oeuvre sinon j’ai l’impression de survoler le film comme quand on regarde une série en faisant autre chose.

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