Seven Sisters (2017)

Seven Sisters est encore un bel exemple de la connerie des distributeurs français. Son titre d’origine étant « What Happened to Monday?« ; ce qui colle bien mieux au film mais il a été décidé de, non pas traduire le titre en français, ce qui se fait souvent, mais de carrément le modifier en le laissant dans la langue de Shakespeare. Je n’y comprends plus rien… M’enfin.
En 2073, face à la surpopulation de la Terre, les autorités décident d’instaurer la politique de l’enfant unique. Cette mesure est appliquée sévèrement par le Bureau d’Allocation des Naissances, dirigé par Nicolette Cayman. Un homme, Terrence Settman, va être confronté à la naissance de septuplées. Malgré la loi, il décide de garder secrète l’existence de ses sept petites-filles. Toutes prénommées d’un jour de la semaine, elles devront rester confinées dans leur appartement. Elles partagent alors une identité unique lorsqu’elles sortent à l’extérieur : Karen Settman. Cet incroyable secret demeure préservé pendant des années. Mais le stratagème tombe en miettes lorsque Lundi disparaît mystérieusement
Quel scénar’ de série B me direz-vous! Et vous n’auriez pas tort, assurément!
Mais ce Seven Sisters est certainement l’un des meilleur film de série B sorti depuis bien longtemps.
Ce film réalisé par le norvégien Wirkola, révélé aux States par ses films Dead Snow (j’adore!) et qui a déjà œuvré sur Hansel et Gretel: Witch Hunters (pas vu et veux pas le voir!) ; est un solide divertissement qui doit toute sa réussite à la performance incroyable de Noomi Rapace (Millenium, Prometheus…).
 
Effectivement, l’actrice joue les 7 sœurs avec brio et réussit à interpréter différents caractères au point qu’on en arrive à oublier que c’est la même actrice qui apparaît à l’écran. C’est fort; et la technique parfaite de superposition des visages aide encore plus à faire que la magie opère. Un coup de maître qui rappelle la série Orphan Black pour ceux qui connaissent.
Difficile d’interpréter 7 personnages différents qui en plus doivent être la même personne une fois sortis de chez eux. Véritable rôle de composition que Noomi relève haut la main; démontrant à ceux qui en douteraient encore qu’elle est une actrice à grand potentiel.
 
Et il faut dire heureusement qu’elle est là. Car les sœurs sont caractérisées au minimum, plongeant dans le cliché caractérisé. Il y a l’intello, la sportive, la superficielle, la junkie…Que des clichés auxquels l’actrice arrive à donner corps et consistance au fil du film.
 
Promettant une oeuvre d’anticipation doublée d’un film schizophrène, Seven Sisters arrive assez maladroitement à y parvenir. Doté d’un faible budget (on parle de 20 millions) il arrive assez bien à retranscrire un futur dystopique avec l’utilisation de quelques technologies futuristes possibles mais est plus maladroit dans le traitement et dans les réflexions possibles que promettaient un tel morcellement des personnalités. 
Le côté thriller psychologique est à peine effleuré préférant laisser libre court à l’action et à la frénésie.
Et il est clair que ça va vite! Ne faisant qu’accélérer son rythme dès lors qu’une des sœurs disparaît, le film nous entraîne dans une enquête menée tambour battant au cours de laquelle beaucoup d’événements inattendus vont surprendre le spectateur.
 
Bon j’avoue que le twist final était assez évident car je l’ai deviné dès la journée du mercredi (le film est séquencé en journées) mais le scénario reste plutôt bon et surtout accrocheur. Encore une fois grâce au talent de Noomi qui nous entraîne avec plaisir dans cette folie où les facilités et invraisemblances scénaristiques vont de plus en plus s’accumuler malheureusement…
 
A noter que le réalisateur aime insérer des petites touches d’humour à des moments plutôt inappropriés, au cœur de l’action, ce qui offre un décalage déconcertant et parfois de véritables moments « what the fuck » très peu crédibles mais c’est sa marque de fabrique. Ceux qui ont vu ses Dead Snow savent de quoi je parle. Moi, j’aime plutôt bien cette audace et vu les réactions dans la salle cela n’a pas plus choqué que ça. C’est un tic de réalisation que j’approuve et qui appuie encore plus en profondeur le côté série B assumée.
On sent que le réalisateur aime les films de SF du genre et en fait un vibrant hommage à travers ce film solide qui effleure parfois le nanar sans pour autant y mettre les pieds. Sachant toujours se tenir sur une ligne ténue qui maintient notre investissement dans cette histoire qui s’avère souvent abracadabrantesque sur bien des aspects.
 
Pour ce qui est des acteurs, hormis Noomi Rapace et sa septuple composition, l’on ne peut dire que les autres brillent par leur interprétation. Avec du lourd comme Willem Dafoe en mode « je fais quelques flashbacks et salut les gars! » et Glenn Close dans un cliché de politicienne véreuse avec une permanente aussi inamovible que sa gueule botoxée on pouvait s’attendre à mieux…Mais non, les autres personnages sont monolithiques et écrits à la truelle.
Passons car le film se résume de toute façon presque exclusivement à Noomi Rapace qui tient cette oeuvre étrange et bancale sur bien des aspects, mais pourtant diablement efficace, sur ses épaules.
Elle est la force et l’intérêt premier de ce film. Bravo à elle et tout de même bravo au réalisateur qui a su redonner des lettres de noblesse à un genre tombé en désuétude. La série B reste du cinéma et celle ci divertit de bien belle manière tout en nous interrogeant (mais pas trop) et en nous surprenant par certains moments bien violents et/ou émouvants.
Moi j’ai été conquis malgré les faiblesses. Le sujet et le style du film étaient forcément faits pour me plaire tant j’aime les œuvres originales, étranges et imparfaites mais fourmillant d’idées osées et funs.
Puis le concept méta de l’actrice devant réagir à des situations diverses lui arrivant mais dont elle est aussi la spectatrice, ça ne pouvait que me séduire.

Ma note: 8/10.

4 réflexions au sujet de « Seven Sisters (2017) »

  1. Noomi Rapace est effectivement épatante alors que son interprétation aurait pu très vite tomber dans la caricature. Le film en lui-même, s’il est imparfait (le twist se devine effectivement tôt), est un honnête divertissement bien rythmé, pas si lisse qu’il en a l’air.

  2. J’en attendais beaucoup, et du coup j’ai été assez déçue. Notamment je pensais qu’il serait plus travaillé au niveau de la réflexion, et en fait c’est surtout un film d’action. Après ça reste un bon film de divertissement.

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