THE GRAND BUDAPEST HOTEL (2013)

Ce film est un bijou d’inventivité et de bonne humeur. The Grand Budapest Hotel est une comédie loufoque sur fond d’enquête et de course poursuite, quoi que…Dur, dur d’expliquer de quoi il est réellement question dans cette oeuvre.

Le film se déroule dans un pays imaginaire, le Zubrowka (qu’on pourrait apparenter à la Suisse je pense) dans les années 1930 et l’on y suit les pérégrinations d’un certain M. Gustave, concierge au grand Budapest Hotel qui forme un jeune groom nommé Zero Mustapha. Zero sera le narrateur de l’histoire d’ailleurs. On découvre dans le film que M. Gustave hérite d’un tableau prestigieux après le décès d’une riche cliente de l’hôtel. Seulement le hic étant que la famille de la défunte voit cela d’un très mauvais oeil et est prête à tout pour mettre la main sur ce tableau. Mais vraiment prête à tout; n’hésitant pas à user des pires méthodes.

Dans ce film de Wes Anderson (Moonrise Kingdom, La Vie Aquatique, A Bord du Darjeeling Limited…) on retrouve toute sa folie visuelle et narrative. Le film est comme pour toute oeuvre du réalisateur, loufoque de bout en bout, campé par des personnages haut en couleurs et imprégné d’une douceur naïve et puérile.

Le casting, plus que 5 étoiles, pour ce film est composé des acteurs habituels du réalisateur, Adrien Brody, Bill Murray, Edward Norton, Willem Dafoe (terriblement parfait avec sa gueule de méchant pour ce rôle, mais quelle gueule quand même!), Owen Wilson, Luke Wilson, Jeff Goldblum, Jason Schwartzman…bref que du beau monde!

Et tous ont comme souvent un look ridicule et qui détruit leur image people habituelle. Comme souvent dans les films de Wes Anderson.

Qui se souvient de la dégaine de Bruce Willis et Edward Norton dans Moonrise Kingdom? Ben ici, c’est pareil. C’est juste drolatique et rafraichissant de voir ces acteurs se prêter au jeu.

Dans ce magnifique capharnaüm orchestré d’une main de maître, Wes Anderson brille par son talent de réalisateur. Il rend ses personnages attachants, sa caméra se fait facétieuse, les images sont emballantes et la narration est puissante, brillante, poétique et marquée par la nostalgie d’une Europe fantasmée sur le déclin.

C’est brillant.

 Les cadrages sont parfaits, les plans originaux et amusants, le tout est millimétré à la perfection, le symétrisme des décors et des plans bien que très carré apporte une touche encore plus loufoque à cette farce « Indiana Jonesesque » menée par des acteurs au sommet de leur art. La folie et la frénésie se ressentent à travers les mouvements de la caméra ainsi que par le jeu des protagonistes qui se surpassent à chercher à nous amuser.

C’est assez incroyable les interprétations que l’on peut faire de chaque séquence du film. Il y a de tout là dedans, ça brasse large sans jamais mener à l’indigestion ou à perdre le spectateur dans un film au scénario trop touffu et dense.

Dans ce récit de flashback dans le flashback, Anderson déploie une folie électrique qui se répand à travers les personnages, à travers la caméra et aussi à travers les décors faits de bric et de broc parfois ce qui donne un aspect tellement sympathique au tout.

C’est totalement débridé et fantasque tout en étant à la fois ironique et morbide. C’est sûr que le film est spécial et ne conviendra pas à tous les spectateurs; mais si l’on prend la peine de s’immerger dans ce tumulte fracassant pétillant de vie et de drôlerie, on pourra même déceler de la gravité et de l’émotion. Le tout jouant toujours avec les codes du cinéma avec des procédés tels que passage en noir et blanc, jeu sur les couleurs…

Ah il y aurait tant à dire!

Retenez que c’est un film étrange comme on en voit peu avec des acteurs en état de grâce. Un film burlesque témoin d’une époque généreusement falsifiée qui se déguste comme une friandise aux milles saveurs et aux mille couleurs. The Grand Budapest Hotel ne laisse pas de marbre, c’est certain. Il fleure bon l’amour du cinéma et l’envie de transmettre une identité visuelle et poétique qui sort des sentiers battus.

C’est drôle, beau, généreux, futé et maîtrisé.

Bref, c’est du grand art.

Ma note: 9/10. Coup de Coeur

Film vu avec le PopcornCinéClub

10 réflexions au sujet de « THE GRAND BUDAPEST HOTEL (2013) »

  1. En général, j’aime bien le cinéma de Wes Anderson et pour moi celui-ci fait partie de ses meilleurs. Le film aurait pu être bordélique et trop « all stars » mais finalement il ne tombe pas dans la facilité et n’est pas superficiel. Cet univers très esthétique et codifié a un sens véritable. Surtout, au-delà du burlesque, c’est un film très touchant.

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