THE LOST CITY OF Z (2017)

Le nouveau film de James Gray (La nuit nous appartient, Two lovers…) est une biographie romancée de l’explorateur Percy Fawcett. Cet explorateur anglais était obsédé par l’idée de découvrir une hypothétique cité légendaire perdue au milieu de la forêt amazonienne, la mythique cité de Z. Appuyé dans ses convictions par quelques maigres indices qu’il aurait trouvé lors d’expéditions précédentes en Amazonie.
C’est l’histoire d’un homme à la recherche d’honneur et de reconnaissance. c’est aussi une formidable histoire d’aventure et de soif de connaissances. On peut ajouter à tout ceci une grande épopée père-fils sur fond de première guerre mondiale et d’aristocratie anglaise. Bref, le film condense pas mal de thèmes et l’on sait que James Gray adore ça.


Gray est un réalisateur qui aime se pencher sur l’humain, sur ses afflictions et ses obsessions. La vie de Fawcett avec toutes les légendes qui en ressortent ne pouvait être que du pain béni pour lui.
Au casting de cette incroyable histoire, l’on trouve Charlie Hunnam (le beau gosse de Sons of Anarchy) impeccable dans le rôle de Fawcett, possédé et convaincant dans ce personnage d’explorateur rêveur et borné. Mais aussi Robert Pattinson (méconnaissable), Sienna Miller et Tom Holland (le nouveau Spider Man); tous très convaincants.
Je vous préviens, même si The Lost City of Z à des relents d’Indiana Jones (et la bande annonce appuie aussi sur ce point), le film est très loin de ce genre de cinéma d’aventure. Ici, très peu d’action. Nous sommes juste devant la contemplation et surtout dans la recherche de véracité. Donc, rien de fantastique ou de bien trépidant. Juste des faits. Réels ou légèrement imaginés mais toujours du domaine du possible.


Le film pourra donc désarçonner par sa lenteur ainsi que par sa construction et n’est pas forcément très accessible.
Je le redis, le réalisateur s’intéresse surtout à l’homme. Peu à l’aventure.
Le récit alterne entre moments d’expéditions et moments en Angleterre et ce montage pourra surprendre et faire lâcher prise au spectateur qui rêve de grande aventure.
Mais ce montage assez casse-gueule est très bien géré et les changements de séquence ainsi que de lieux de l’action sont toujours placés avec minutie et intelligence. Le montage est réussi et joue habilement avec le développement de l’intrigue.


Puis que c’est beau! Les décors naturels d’Amazonie émerveillent. L’on se sent réellement au milieu de cette jungle dense, dangereuse et humide. C’est toujours un très bon choix de tourner dans les véritables décors! Puis il n’y a pas qu’en Amazonie que nos pupilles prennent cher. Les lieux en Angleterre sont aussi typiques et magnifiés par une photographie impeccable. Le tout est très contemplatif et nous propose des scènes merveilleusement mises en scène.
On sent une multitude d’influences de films du genre chez le réalisateur. Moi, cela m’a fortement fait penser à Fitzcarraldo ou à Aguirre, La Colère de Dieu (foncez les voir!). Donc du lourd quoi.


Le film va forcément surprendre et décontenancer. Je pense qu’il ne s’adresse pas à tous les spectateurs même si certaines scènes accrocheront forcément tout le monde.
C’est un film étrange et sa fin pourra finir de décevoir certains spectateurs pas prêts à cette manière de traiter l’histoire réelle.


Il faut retenir que l’Histoire aura fini par donner raison à Fawcett en 2005 concernant cette mystérieuse cité de Z. Je vous invite à vous renseigner sur le net si vous voulez en savoir plus.
Je dirai que le film est irréprochable techniquement. On a là un produit parfaitement dominé par son réalisateur. Les acteurs sont tous bons et les thèmes sont abordés avec intelligence. Les décors, reconstituons, costumes; vraiment rien à redire. On s’y croirait.
Juste que ce film n’est certainement pas le meilleur de son réalisateur. On peut se perdre dans sa construction et hormis de bons passages émouvants; on a du mal à saisir quel sujet souhaitait vraiment aborder le réal. Est-ce un film sur la famille et son importance? Sur l’obsession destructrice d’un homme? Sur les rapports conflictuels père-fils? On ne sait quelle partie de Fawcett a le plus intéressé James Gray au final. Il condense beaucoup de thèmes sans vraiment en appuyer un plus que l’autre. Et moi, cela m’a un peu décontenancé ne sachant pas vraiment sur quel pied danser selon le passage d’une scène à l’autre. Puis le final peut laisser un arrière goût de « tout ça pour ça » aussi…


Reste une histoire incroyable s’étalant sur plus de 20 ans (à noter que les acteurs ont pour une fois été bien vieillis et qu’on est loin du ridicule que l’on peut souvent voir au cinéma à ce sujet) nous invitant à la contemplation, à la poésie et au voyage.


Ma note: 7,5/10.

2 réflexions au sujet de « THE LOST CITY OF Z (2017) »

Laisser un commentaire