The Revenant (2016)

The revenant est un film dantesque ! Epique ! Empli de scènes à couper le souffle… c’est suite à cette introduction plus que flatteuse que je vais vous décrire plus précisément ce film inspiré du roman « le revenant » de Michael Punke. Roman, lui aussi inspiré d’une histoire vraie vécue par le trappeur Hugh Glass en 1823 qui dût survivre six semaines dans une Amérique sauvage après avoir été laissé pour mort suite à l’attaque d’un grizzly. Durant ces six semaines, il parcourut 300 kilomètres jusqu’au Fort Kiowa bravant les animaux, les intempéries et surtout les indiens ; tout ceci en étant bien évidemment mortellement blessé sinon ce ne serait pas amusant 😉

The revenant est avant tout une prouesse technique indéniable. Revenons à la genèse du film tout d’abord. Le film a été tourné entièrement à la lumière naturelle dans de véritables contrées sauvages ce qui induit que certains jours le tournage ne pouvait se faire que quelques heures voire pas du tout selon les intempéries. Le tournage se fit dans des conditions alors très extrêmes autant pour l’équipe que pour les acteurs. D’ailleurs plusieurs membres de l’équipe ont abandonnés le tournage en cours de route. Le budget alloué au film se trouva vite dépassé tant le tournage s’éternisait. Un véritable chaos en somme. Mais du chaos naît le sublime. Les décors naturels sont grandioses, la caméra nous montre des paysages sauvages magnifiques et l’on se perd dans la grandeur des plaines et forêts sublimées par un éclairage saisissant de naturel. Car oui, un décor filmé sans artifices rend bien mieux qu’avec des lumières artificielles ! Vous pourrez le constater par vous-mêmes. Et dans ces décors somptueux, les acteurs sont totalement immergés. On ressent la saleté, la difficulté du terrain. Tout se lit sur leurs visages. Edifiant de réalisme vous dis-je !

La réalisation n’est pas en reste car Inarritu (le réalisateur que je n’ai même pas songé à citer tellement je suis emballé) fait preuve d’une maîtrise indéniable. Dès le début du film, lors de l’affrontement entre les indiens et les trappeurs, la caméra virevolte de protagonistes en protagonistes nous immergeant totalement dans la bataille. Durant tout le film on a presque la sensation d’être face à un documentaire tant la caméra constamment à l’épaule et en mouvement nous immerge au plus près des personnages. La caméra ne fait quasiment jamais de plan statique. Le tout pour un rendu plus réaliste et percutant (la violence des coups et des batailles  en est d’autant plus ressentie car l’on se sent investi et lâché au milieu de cette lutte pour la survie). Cette virtuosité technique (qui rappelle fortement Birdman, précédent film d’Inarritu) mixée avec des images superbes d’une nature souveraine à l’homme ne peut que nous maintenir dans un état de contemplation et de tension constant.

Les acteurs ne sont pas en reste puisque Dicaprio qui incarne Hugh Glass ainsi que Tom Hardy qui incarne son antagoniste John Fitzgerald sont totalement investis et possédés par leurs personnages. Aucun acteur du film n’est réellement décevant ou même moyen mais ces deux acteurs tiennent le film avec leur interprétation viscérale. On sent la haine et la colère qui peut les habiter. A voir si Dicaprio recevra enfin un oscar pour sa performance dans le film ; pour ma part je signe de suite.

Si l’on devait pinailler un peu, on pourrait reprocher au film de n’être qu’une simple histoire de vengeance sur fond de survie et donc dire que le scénario n’est pas très fou mais cela n’a aucun intérêt puisque pour faire un film réussi nul besoin d’un scénario tarabiscoté (le dernier mad max en est un exemple flagrant). On peut aussi regretter la scène du grizzly (trop longue scène ?) qui nous sort un peu du film en apportant des effets numériques là où le film se pose dans un réalisme saisissant. Les scènes de souvenirs du héros peuvent aussi amener à casser le rythme du film de par leur placement et leur construction mais je trouve qu’elles apportent quelque chose de poétique et d’apaisant qui contraste avec l’âpreté de la difficile survie de Glass.

The Revenant est, pour finir, une expérience unique et harassante qui va vous scotcher au siège durant 2 heures 30. Personnellement, je ne les ai pas vues passer.  Bourré de scènes édifiantes, de plans séquences déments et de chorégraphies de batailles impeccables ; ce film vous laissera avec bien des images dans la tête. Une démonstration technique époustouflante de réalisme portée par des acteurs habités qui s’affrontent avec violence et aussi idéologiquement tant leurs convictions profondes s’opposent. Une aventure humaine sur le surpassement de soi, sur la renaissance dans la douleur…tout ceci est ce que j’attends d’un grand film épique et ambitieux. Je l’ai trouvé avec the revenant. Et j’espère que vous le trouverez aussi

Ma Note : 9,5 / 10

14 réflexions au sujet de « The Revenant (2016) »

  1. D’habitude je n’aime pas ce que fait Inarritu mais, sans avoir adoré, j’ai franchement bien aimé ce film très bien foutu (notamment visuellement), bien interprété (même si j’aurais préféré que Dica ait l’Oscar pour un autre film pour etre honnête).

  2. Niveau dialogues, Di Caprio n’a quasi plus que des borborygmes après son attaque 😆

    Mais Di Caprio A EU son Oscar pour le film, non ?? Je ne suis pas toujours l’actualité des Oscars et si je retiens quelques noms, à la fin, mon cerveau les back de mon disque dur interne 😉

  3. Un grand film. Il est rare que je ne fasse que regarder un film sans rien faire d’autre (oui que veux tu je ne peux pas m’empêcher de faire plein de choses en même temps). Mais celui-ci je suis restée scotchée devant mon écran.

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