THE WICKED + THE DIVINE

Hey, une fois n’est pas coutume, je vais chroniquer une BD. Ou plutôt un comics.  Et je pense que c’est ici le début d’une nouvelle longue série de critiques relatives à ce genre de médias pour le Renard bavard.
Donc, je vais vous parler d’une série récente affublée de l’énigmatique nom: The Wicked + The Divine. Véritable ovni de la bande dessinée scénarisé par Kieron Gillen et dessiné par Jamie McKelvie, cette oeuvre est complètement marquée par la culture rock.
C’est un concept plutôt barré que nous avons là. Douze dieux se réincarnent tous les 90 ans dans des corps d’ados. Ces ados se retrouvent alors subitement starifiés et dotés de pouvoirs liés à leurs divinités. Seule ombre au tableau, dès lors qu’ils ont été « habité » par une divinité, les jeunes humains meurent dans les deux ans qui suivent. Inévitablement. Une sorte de rançon du succès.
Derrière cette idée complètement « what the fuck » l’auteur pose un regard intéressant sur la starification, sur le rapport stars/groupies, sur la fulgurance et la fugacité de la célébrité ainsi que sur l’impact des idoles sur notre jeunesse. A travers des personnages haut en couleurs, c’est un véritable cri d’amour de la culture rock que nous avons là.
Chaque divinité a un look qui rappelle une personnalité pop culte de notre temps. Deux dieux ont adopté un look très David Bowie. Un autre semble être en mode Daft Punk (la divinité nordique dont le nom m’échappe mais qui s’avère être ma préférée des douze). Un autre évoque plutôt Elton John tandis qu’un autre semble être le clone de Kanye West.
Ce que c’est frais et novateur!
L’idée est folle mais le concept s’avère prenant et immensément intéressant. Beaucoup de questions et d’interrogations sont soulevés à travers les pérégrinations de nos protagonistes.
C’est une BD qui se pose beaucoup de questions sur l’adolescence et les influences que l’on subit durant cette courte période par des stars que l’on idolâtre. Sur comment elles impactent notre vie future. Et aussi une réflexion pour savoir si elles ont réellement un impact significatif sur nous.
C’est d’une originalité folle.
On suit une groupie qui se retrouve catapultée intime de ce Panthéon divin suite à de nombreux et malencontreux événements. On posera alors un regard sur ces dieux à travers elle. On pourra alors constater l’évolution de l’image qu’elle s’en fait.
La folie de chaque personnage est palpable. On sent que chaque divinité a un rapport différent face à sa mort imminente. Face à l’inéluctabilité de ce fait. Là, aussi, beaucoup de réflexions sont dégagées autour du concept de la mort. Surtout lorsqu’elle frappe des ados.
Tellement de concepts tous plus dingues les uns que les autres qui sont pourtant accrocheurs. cela grâce à des personnages qui intriguent et déroutent. On veut toujours en savoir plus sur ces divinités. Sur comment tout ceci fonctionne. Et l’histoire prend son temps. Il y a beaucoup de mystères et très peu ont été résolus au point de lecture où je me trouve. mais on s’attache à cette oeuvre différente et l’on poursuit la lecture sans déplaisir.
Pourtant je n’accroche pas spécialement au style de dessin que je trouve quelconque. Mais le découpage des cases et la dynamique très crue et réaliste des dialogues m’ont gardé avec assiduité devant les pages. Ah ça, il y en a de l’originalité! A tous les étages!
Cette BD plaira certainement moins aux personnes pas trop connaisseuses de la culture rock mais pour les autres c’est du bonheur en barre. Il y a tant de références! Et c’est évidemment assez politiquement incorrect comme toute oeuvre rock qui se respecte 😉 jamais le lien entre la musique et la bande dessinée n’a été aussi ténu. Une puissante réflexion sur ce que la musique peut apporter à l’humain ainsi qu’à son impact sur nos vies.
C’est plutôt fort. Et intriguant. Donc je vais poursuivre cette série toujours en court à n’en point douter.

Ma note:8,5/10.

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