TIDELAND (2005)

Qu’est ce que c’est que ce Tideland??? Depuis L’Armée Des 12 Singes, j’ai énormément de mal à trouver bons les films de Terry Gilliam. Ce qui me peine énormément tant le talent du monsieur n’est plus à démontrer. Mais encore une fois avec ce film, le résultat est très bancal, offrant un film plus que moyen…

A la mort de sa mère, la petite Jeliza-Rose part s’installer dans une vieille ferme avec son père, Noah, un rocker héroïnomane qui a connu des jours meilleurs. Afin d’échapper à la solitude de sa nouvelle maison, Jeliza-Rose s’évade dans un monde imaginaire où elle va faire de singulières rencontres.

Sorte de mélange entre Le Labyrinthe De Pan et Alice Au Pays Des merveilles (dont la gamine héroïne du film s’abreuve constamment) , Tideland est un conte gothique morbide et vraiment dérangeant.

Le terrier n’est qu’une des nombreuses allusions à Alice.

Si l’on ne niera pas qu’il réussit à procurer une ambiance malsaine et arrive parfaitement à mettre mal à l’aise (mon dieu, c’est horrible ce que vit cette gamine) et si l’on ne pourra pas nier que les acteurs jouent tous très bien, ce film s’avère totalement bancal. Déjà, il est tel un film d’horreur pour enfants mais qu’on ne pourra malheureusement pas montrer aux enfants. La drogue, les images de mort et de putréfaction, et même toutes les scènes bien trop dérangeantes de l’œuvre, interdisent la vision du métrage aux plus jeunes. Mais alors qui pourra voir ce film et l’apprécier? Car il est manifestement trop mal construit et possède un récit trop indigent pour qu’on puisse l’apprécier avec notre regard d’adulte. On dirait que Gilliam cherche à faire de la provocation sans fondements? Quel est l’intérêt de tout ça? Pourquoi proposer cette historie d’Alice Au Pays Des merveilles en version vraiment noire et torturée? La galerie de personnages est trop fantasque face aux horreurs de la réalité. Sommes-nous dans le réel? Dans l’imaginaire de la petite fille? Le ton décalé du film nous perd et finit par vite nous ennuyer.

« Papa, c’est quand que tu te réveilles? »

Malheureusement, le spectateur lâche trop vite l’histoire face à tant de décalage semblant ne mener nulle part et face à une caméra hystérique et épuisante. Sorte de condensé bricolé de l’imagerie de Tim Burton, Tideland nous immerge dans un onirisme visuel et foutraque dont on finit par totalement se désintéresser. On y comprend rien et on attend une morale finale à ce film en espérant qu’elle réussira à sauver l’ensemble de l’œuvre. Mais il n’en est rien. S’en ressent une forte impression de coup pour rien. De toute façon le film va beaucoup trop loin dans sa conclusion tout comme dans son imagerie. Dans ce gloubi-boulga redneck consanguin mâtiné de Psychose, on a juste envie de passer à autre chose surtout que la « révélation finale » était devinable une heure à l’avance.

J’ai lu à peu près partout que ce film était une œuvre poétique visuelle sublime…Je dois être hermétique à la poésie alors…Bien sûr, il y a quelques beaux plans, quelques scènes qui valent le détour…Mais rien qui ne m’a transporté. Gilliam semble faire de nombreux efforts pour nous surprendre et innover en proposant des images décalées et originales mais cela n’empêche pas de trouver cette recherche plastique vaine.

Coucou, ma seule amie est une tête de Barbie.

On en a vite marre devant cette fable longuette et sans queue ni tête, caricaturant à outrance, n’arrivant pas à faire émerger de la drôlerie et de la poésie dans une situation si horrible. On est peinés malgré un Jeff Bridges (The Dude devant l’éternel!) camé en roue libre. Une descente aux Enfers pour une pauvre petite que l’on semble subir autant qu’elle. Dur de voir où a voulu en venir le génial réalisateur avec ce film sauvable sur bien des aspects mais terriblement éprouvant. Épuisant à regarder avec une caméra et des acteurs tellement sur le fil que cela en devient presque vomitif. Par contre si vous souhaitez du glauque à foison, n’hésitez pas. Ultra malaisant ce film. Même si l’incursion (parfois) d’humour pipi-caca contrastant avec le morbide a, pour moi, tout désamorcé. On a clairement pas envie de voir ce qui se déroule à l’écran. Et c’est finalement certainement cela qu’a voulu Terry Gilliam en réalisant ce film. Mais sommes nous obligés de subir tant d’artifices indigestes pour ce simple état de fait?

Oublions et pardonnons lui. En espérant que son prochain long métrage soit d’un bien meilleur acabit car ses dernières réalisations ont vraiment du mal à convaincre sur la durée. Son Don Quichotte, sorte d’arlésienne du cinéma, semble être le film suivant. Il a tant galéré depuis une éternité pour le réaliser qu’on espère un formidable sursaut visuel et onirique pour ce film. Allez, on y croit.

Ma note: 4,5/10.

 

 

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