Vampire en Pyjama – Dionysos

Huitième album des trublions de la scène rock française dirigée par le gourou qui se rêvait être Tim Burton : Mathias Malzieu ; Vampire en pyjama étonne, désarçonne après sa première écoute tant le groupe semble s’être adouci depuis le dernier opus : Bird’n’ roll.

 Non pas que le groupe ne nous a pas habitué aux ballades folk et sirupeuses depuis leur début, juste que cet album en est rempli. Exit l’énergie rock et délurée et bonjour la musique country folk qui donne à cet album des relents de western joyeux. Et force est de constater que dénué de noise rock, dionysos reste dionysos dans le meilleur et dans le pire.

Cet album se présente comme un renouveau, une résurrection pour le leader, Mathias Malzieu. Il présente une mascotte appelée Heartman (un homme affublé d’une tête en forme de cœur) qui est une métaphore du nouveau Malzieu suite à sa récente maladie (dont le nom complexe ne me revient pas, un truc sanguin pas cool du tout qui n’a pas fait du bien à la vie du bonhomme en gros). Donc un album de 13 morceaux abordé comme un chemin de guérison et montrant un Mathias nouveau ayant envie de s’assumer « j’ai vécu si vite, maintenant j’ai envie de me déguiser en moi » chante-t-il. Une thérapie en somme, mais pas triste pour un sou. Plutôt lumineux et jovial, Mathias se raconte sur des musiques plus posées qu’à l’accoutumée et plus introspectives.

Malheureusement, l’album s’écoute très vite (beaucoup de morceaux durent moins de 3 minutes) et s’oublie aussi assez vite. Dionysos applique toujours la même recette depuis de nombreux albums : poésie foutraque, alternance de voix entre Babeth et Mathias, utilisation de l’anglais (know your anemy), alternance anglais-français dans les textes (chant du mauvais cygne), bluettes sympathiques…Bref, si vous aimiez le dionysos de monsters in love, de la mécanique du cœur, de bird’n’roll ; vous aimerez obligatoirement cet album…Ce qui n’est pas forcément pour le mieux tant le groupe semble réutiliser en boucle ses gimmicks. L’album passe, les chansons sont entraînantes, certaines même plutôt entêtantes (le sifflement de chanson d’été est imparable) mais la formule dionysos est tellement bien appliquée que l’on arrive à s’ennuyer de si peu de risques pris.

De plus, il y a toujours cette sensation que le groupe devrait s’appeler Mathias Malzieu’s band tellement les albums sont phagocytés (oui, j’aime utiliser des mots tels que celui-ci pour me la raconter) par la personnalité du frontman. On a l’impression que tout est géré par lui, que chaque décision sur l’album vient de lui au détriment des musiciens qu’on imagine aisément muselés et s’exécutant à faire des musiques qui collent à l’ambiance voulue par le monsieur et SURTOUT qui correspondent bien à son livre publié du moment. Il est loin le temps des westerns sous la neige où le groupe semblait pris dans une folie créatrice grisante.

Néanmoins, vampire en pyjama est un album agréable, certes anecdotique, qu’on prend plaisir à écouter. Mais on reviendra plus volontiers sur les premiers albums du groupe. De la folk efficace nappée d’électronique sur un combat contre une saloperie de maladie (à noter pour les curieux, une reprise de i follow rivers au milieu de l’album plutôt inutile et hors contexte avec le sujet principal…étrange) qui nous fait gentiment taper du pied au coin du feu. Un album moyen et plutôt décevant tant le groupe en a sous le pied ; mais faisons leur confiance pour la tournée à venir car dionysos est avant tout un groupe de scène. Dernier terrain où la folie créatrice du groupe nous est bombardée en pleine poire et où l’on voit que cette sautillante bande est restée un groupe d’amis s’amusant toujours. Et c’est bien là l’essentiel 😉

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