X Files : Saison 10

Comment vous décrire à quel point j’étais heureux d’apprendre le retour d’ X-files même si ce n’est que pour 6 petits épisodes ? J’ai tellement attendu une conclusion à la mythologie X-files après 9 saisons qui m’ont tenu en haleine comme jamais. Revoir Mulder, Scully et tous les personnages secondaires qui gravitent autour me manquait tellement. Après un second film en 2008 qui s’est avéré inutile pour ne pas dire mauvais et plusieurs annonces de retour depuis 2012 ; enfin les acteurs ainsi que les réalisateurs et scénaristes de la série originelle ont accepté de participer à un dernier (vraiment dernier ?) baroud d’honneur. Après le visionnage ému de ces 6 épisodes, me voilà devant la lourde tâche de vous faire part de mon ressenti et surtout d’essayer d’en faire une critique la plus objective possible.

Force est de constater que la fibre X-files vibre toujours. L’alchimie entre Mulder et Scully est toujours visible à l’écran. Ils semblent prendre du plaisir à se retrouver tout comme nous en prenons aussi. On est très vite repris dans la paranoïa et l’ambiance conspirationniste à grande échelle de la série. Cette mini saison semble vouloir nous présenter toutes les facettes de la série. Chaque facette étant traitée à chaque nouvel épisode. On passe d’un épisode mythologique à un épisode angoissant puis d’un épisode comique à un épisode plus intime centré sur la famille de Scully, etc, etc. Tout ce qui a fait la force de la série est donc concentré dans cette saison. Nous sommes confrontés à un best-of réjouissant, un pot-pourri qui réussira à contenter au moins pour un épisode chaque fan de la première heure. Au milieu de ces épisodes, l’épisode 3 sort du lot. Certainement le plus réussi de tous. Drolatique, parsemé de références, interprété avec malice, personnages hauts en couleur; il nous renvoie aux épisodes les plus comiques de X-files (car oui, X-files ne se prenait pas toujours au sérieux) et pourrait s’intégrer sans rougir parmi les meilleurs épisodes de la série toutes saisons confondues. Chaque semaine nous présentant son « monstre de la semaine » hormis les épisodes 1 et 6 faisant suite à la longue et sinueuse mythologie de la série (que les nouveaux se rassurent, l’épisode 1 introduit de manière simplifiée les tenants et aboutissants de la série pour que vous puissiez prendre le train en marche sans vous sentir perdus).

Mon bilan au terme de ces 6 épisodes est plutôt mitigé. Nonobstant le plaisir immense de revoir Mulder et Scully brandir leur lampe torche dans le noir, de les revoir exaspérer à nouveau le pauvre Skinner, de réentendre ce générique culte ; certains épisodes me laissent un goût amer. Un goût de facilité, d’opportunisme mercantile.

Si l’épisode 1 revisite habilement la mythologie de la saga pour la moderniser et la simplifier ; et essentiellement pour la mettre à la page d’une Amérique ancrée dans une psychose post 11 septembre nous augurant du bon pour la suite ; les épisodes suivants nous montrent qu’ancrer X-files dans notre époque est plus ardu qu’il n’y paraît. Les épisodes sont plus rapides et plus fournis comme c’est le cas dans les séries actuelles mais cela au détriment de la qualité scénaristique. Un X-files moderne peut-il être aussi pertinent qu’un X-files des années 90 ? Là où la lenteur des intrigues contribuait au développement des personnages et apportait des conclusions satisfaisantes ? Ici, pour certains épisodes, les intrigues semblent se résoudre de manière expéditive, comme tombées du ciel. Cela dénote avec le X-files bien construit avec son ambiance calme et posée que nous connaissions. S’adapter aux « us et coutumes série-esques » de l’époque ne correspond peut-être pas à une série telle qu’ X-files… il en va de même pour l’adaptation aux nouvelles technologies et peurs de notre monde. Certes ; si l’on est amusés de voir que Mulder est dépassé par les smartphones, les applications, les réseaux sociaux ou autres…on est nettement moins amusés de voir comment est traitée la question de l’intégrisme et du terrorisme. Tellement rétrograde et simpliste qu’on en vient à se demander si les scénaristes ne sont pas simplement des nostalgiques d’une époque aujourd’hui révolue. Il n’y a qu’à voir comment les personnages secondaires agissent et le discours qu’ils tiennent pour penser que l’on a affaire à des clichés ambulants. Que ce soit du sudiste raciste ou de l’infirmière intolérante ; dans l’épisode traitant du djihadisme ; on ne peut qu’être navré par si peu de subtilité dans une série habituellement si bien écrite.

Ces problèmes sont issus de l’épisode 5 intitulé Babylon, assurément le moins bon de la saison. En plus du traitement peu inspiré et plus que limite de la menace de DAESH, nous avons droit à un prêchi prêcha religieux et spirituel sans queue ni tête qui d’une, n’a presque rien à voir avec les dossiers surnaturels que doivent traiter Mulder et Scully et qui de deux, n’est prétexte qu’a une scène comique nous présentant Mulder sous drogues en plein trip. Trip qui sera aussi prétexte à un caméo inutile des bandits solitaires. D’ailleurs ce côté fan service se fera ressentir tout du long de la saison. Parfois avec brio (comme lors de la référence au chien de Scully, Queequeg, qui meurt dévoré dans l’épisode les dents du lac si ma mémoire ne me fait pas défaut) mais souvent avec maladresse comme pour l’intervention ridicule des bandits solitaires cités précédemment. Paradoxalement, cet épisode ainsi que l’épisode final de la saison ont été écrits et réalisés par Chris Carter (le papa de X-files) et il est évident qu’ils sont largement moins bons que les autres. Peut-être est-ce un signe qu’il serait temps de passer le flambeau ? L’épisode 5, toujours, nous présente deux nouveaux personnages qui resteront aux côtés de nos héros jusqu’à la fin de la saison. Malheureusement, ces deux personnages sont lisses, dénués de charisme et ne sont que de pâles copies de Mulder et Scully à leurs débuts. Des sortes de Deus ex-Machina qui serviront à faire avancer les intrigues mais qui n’ont aucun intérêt si ce n’est montrer au spectateur à quel point nos deux héros sont irremplaçables (pourtant les auteurs de la série auraient dû le comprendre la première fois qu’ils ont remplacés Mulder et Scully…) Espérons que ces deux protagonistes apportés à l’intrigue ne sont pas destinés à les remplacer pour la suite. Mais je crois bien que l’on s’y dirige vu le final de la saison. Et des pertes drastiques d’audience sont à prévoir…

On en arrive donc à l’après. Quelle est l’utilité de cette saison 10 hormis capitaliser sur notre fibre nostalgique ? Vu le cliffhanger du dernier épisode (cliffhanger terriblement frustrant) il y aura une suite. Sous quel format se présentera-t-elle ? Une saison 11 ? Un troisième film ? On finit la saison avec la sensation de s’être fait léser. Peu de réponses sont apportées mais de nombreuses nouvelles questions se posent. Cette saison ne semble être qu’une transition, une introduction à quelque chose de plus ambitieux. Mais en auront-ils les moyens ?

Duchovny et Gillian ont clairement fait comprendre qu’ils ne s’engageront pas plus que nécessaire pour la série. Une nouvelle saison de 6 épisodes serait trop courte pour tout résoudre. Il en va de même pour un film. Et si l’ambition est de remplacer nos héros par les deux side-kick précédemment évoqués, il ne faut pas se leurrer, la série ne fera pas long feu…et d’ailleurs comment enchaîner la série après ce dernier épisode, épisode dans lequel le monde finit dans un état déplorable ? Les auteurs sont capables de nous pondre un tour de passe-passe dérisoire pour poursuivre l’aventure sans que l’humanité n’ait à panser ses plaies et à subir les conséquences d’un tel désastre. D’ailleurs l’intrigue utilisant nos peurs actuelles sur les épidémies est plutôt maline mais tellement mal développée, tellement expédiée…aura-t-on un monde débarrassé de ses personnes âgées, de ses enfants ? Je ne crois pas, pourtant vu l’état de Mulder et des autres à la fin et ce qu’il est dit à travers le peu de médias fonctionnant encore, beaucoup ont cassé leur pipe. Mais tout cela passera à la trappe, je le sens. Restera de cet épisode que l’image ridicule de Scully se croyant capable de sauver l’humanité en train de courir avec ses perfs d’ADN…vous l’aurez compris je suis assez désabusé par cette conclusion. Et je crains le pire pour la suite.

Hormis l’épisode 3, véritable hommage comique bourré de clins-d’œils  résumant parfaitement l’essence d’X-files, le reste de la saison est anecdotique. Sympathique et agréable sur le début, la saison s’est peu à peu enlisée dans le confus et la facilité scénaristique. Rien que Reyes qui retourne sa veste alors que tout X-phile sait que c’est impossible qu’elle passe du côté obscur tant ses convictions y sont opposées et tant elle a tout sacrifié pour protéger Scully et William par le passé…Et encore une apparition de plus en guise de fan service qui fait plouf tant elle est en inadéquation avec le personnage traité ! Puis parlons aussi de l’homme à la cigarette dont la présence dans la saison relève de la blague et d’un fan service paresseux. Sa présence semblait-elle tellement obligatoire pour les scénaristes qu’il faille que son retour soit aussi mal amené ? Sa résurrection si pathétique ? N’y avait-il pas d’autres conspirationnistes pouvant apporter quelques explications vus au préalable dans la série ? Qu’on le laisse dans la tombe si c’est pour le confronter aussi maladroitement à Mulder. Fan service quand tu nous tiens…cet homme que rien ne semble arrêter, pas même un cancer ni même une ogive dans la tronche est un véritable Terminator ! Mais peut-être que la vieillesse l’arrêtera avant que la série ait une conclusion digne de ce nom. Car le drame est là. Carter avait l’occasion de finir sa série en beauté, de résoudre toutes les intrigues dans une dernière saison haletante mais il a cédé aux sirènes de l’argent. Il préfère capitaliser sur la poule aux œufs d’or au risque de nous laisser encore avec un final sans réponses si les audiences ne suivent pas. C’est peut-être cela qui me rend le plus amer.

Je rêve d’un monde où l’on ne chercherait pas à relancer des séries juste pour faire de l’argent sur les vieux fans. Des séries comme Heroes, twin peaks ou encore plus grotesque La fête à la maison ou prison break. Un monde où la fin d’X-files a lieu en 2002, voyant Mulder et Scully fuir et se cacher impuissants, attendant l’invasion extraterrestre imminente pour 2012. Un monde où l’on ne me donne pas un espoir sûrement vain de voir enfin une conclusion correcte à une de mes séries culte. Ce fut une saison durant laquelle je n’ai pas boudé mon plaisir ; pas déplaisante à voir. Mais si dure à accepter dans sa conclusion et ses promesses pour la suite.

Merci monsieur Carter pour ce moment fugace de bonheur retrouvé, mais par pitié ; pour mon petit cœur de X-phile apeuré ; ne gâchez pas tout et offrez nous une suite digne et épique. Une suite grandiose telle que le mérite cette série qui aura tant marqué son époque.

13 réflexions au sujet de « X Files : Saison 10 »

  1. J’ai lâché prise à l’épisode 2, je vais me faire le 3 pour rire un coup et puis ce sera tout. Je n’ai pas réussi à accrocher à Mulder et Scully des années 2016. Fox est moins sexy, Dana, j’ai failli ne pas la reconnaître et en plus, j’avais été si contente de les voir ensemble dans le dernier film que les voir séparés maintenant me fout le cafard.

    J’avais été déçue par les films aussi, ils n’avaient pas résolu le schmilblick, que tu contraire ! Pourtant, le premier, je ne me sentais plus en allant au ciné et j’étais sortie déçue, déçue !

      1. Je pense qu’ils ont été tellement loin dans leurs trucs qu’on ne saurait plus le résoudre maintenant, on a oublié, et puis ils ont ajouté des mystères, obscurcis ceux existants… Alors pouet, Mulder couche toujours avec Scully dans ma tête 😉

  2. J’ai trouvé cela honteux de faire une saison aussi mauvaise que celle-ci. D’ailleurs,je ne me suis pas gênée pour en parler dans mon blog. Franchement, un moment il faut qu’ils se posent les bonnes questions ! Mulder et Scully ont fait leur temps et voilà c’est tout !

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