Les 8 salopards (2016)

Date de sortie 6 janvier 2016 (2h 48min)
De Quentin Tarantino
Avec Samuel L. Jackson, Kurt Russell, Jennifer Jason Leigh plus
Genre Western
Nationalité Américain

Huitième film de Quentin Tarantino, les 8 salopards est un western se déroulant à huit clos dans une mercerie perdue du Wyoming en plein blizzard. 8 personnages se retrouvent coincés dans cette bicoque et chacun semble avoir un secret ou tout du moins un objectif à accomplir ce qui fait que leur présence ici n’est pas anodine. Ce qui entraînera donc des suspicions, beaucoup de non-dits et surtout un final grand-guignolesque comme Tarantino les affectionne.

Mais avant cet acte final, il y a l’exposition des personnages, les nombreux dialogues tout au long du film… Très longs dialogues tout au long d’un trèèèèèèès loooooonnnng film… Car oui, les 8 salopards dure 2 heures 50.

 Divisés en 6 actes, le film se perd peut être un peu trop dans ses dialogues et dans son exposition des personnages. Cela risque de décourager beaucoup de spectateurs car on le sait Tarantino maîtrise l’art du dialogue avec maestria  mais ici il en abuse certainement trop. Quelques moments du film s’avèrent anecdotiques et peu nécessaires au scénario. Mais pour peu que l’on s’accroche, on découvre un film d’une très grande intensité. A chaque dialogue, chaque regard échangé ; on se demande si cela ne va pas être l’élément déclencheur qui va mettre le feu aux poudres. Tarantino dirige de main de maître ce jeu de dupes interprété par des acteurs tous excellents et habités par leur rôle. Si l’on aime le cinéma ainsi que les personnages haut en couleur auréolés de mystères ; on ne peut qu’être happé par ce film à la mise en scène impeccable.

Le film est moins fou que les précédents de Tarantino mais garde néanmoins quelques moments d’humour salvateurs au milieu d’une tension grandissante. La musique de Morricone contribue à maintenir une atmosphère oppressante, notamment dès l’ouverture du film dans un magnifique plan séquence enneigé nous montrant un Jésus arborant la neige sur son visage tel un bonnet du klu klux klan. Car là où Tarantino est fort c’est que dans ce film très théâtral et guignolesque, il témoigne d’un pan de l’histoire des Etats Unis et invite à réfléchir sur les divisions du peuple américain des années après la guerre de sécession. Un peuple marqué qui panse ses plaies de s’être entretué autour de la difficile question du racisme. Brillante démarche de sa part que de traiter un sujet sensible autour d’une farce violente. Les personnages y sont aussi pour beaucoup dans la crédibilité de ce huit clos, tous détaillés parfaitement, on peut comprendre leur point de vue et s’identifier à eux.

On ne peut que faire un parallèle avec le film The thing sorti 30 ans plus tôt. Même acteur principal (Kurt Russell), huit clos dans la neige, suspicions constantes ainsi que même compositeur pour ces deux films. Ah oui, Tarantino aime le cinéma et continue d’en faire référence ! Et cela se ressent dans sa manière de filmer aussi où l’on retrouve certains de ses tics de réalisateur (plans de caméra au-dessus ou au niveau des pieds des acteurs, esthétique parfaitement travaillée, scénario en plusieurs actes, chronologie décousue, violence graphique outrancière, dialogues hallucinés et habités…)

Pas le meilleur Tarantino certainement mais un film solide (imaginez la scène tendue du bar d’Inglorious bastards étirée sur deux heures) qui aboutit à un acte final libérateur teinté d’une violence toujours très tarantinesque (en gros faut aimer le sang et l’exagération). Le réalisateur aime ses personnages ainsi que son scénario et cela se ressent peut être de trop car il prend le risque de fatiguer quelques spectateurs en cours de route en étalant trop son plaisir. Et malgré une VF cliché et catastrophique comme trop souvent malheureusement, le film s’apprécie dans une attention quasi religieuse grâce à ses personnages consistants et ses intrigues savamment ficelées. Un bon moment de cinéma en somme.

4 Commentaires

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  1. 3
    lilylit

    J’avais du mal avec Tarantino avant mais ce film-là a signé le divorce définitif ! XD On s’est tellement ennuyés qu’on a failli s’endormir, on a dû couper et voir la fin le lendemain. Pour moi pas de tension, juste du Tarantino qui fait comme d’habitude mais en étirant en longueur, pour finir évidemment par des giclées de sang. De tous les films vus en 2016 c’est celui que j’ai le moins aimé. ^^

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